Le retour du projet de cotation d’Aramco laisse les banquiers sceptiques

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Riyad laisse entendre que l'entrée en Bourse d'Aramco - « l'introduction du siècle » - est de nouveau d'actualité. Echaudés par les reports multiples de la première tentative, et une rémunération pas forcément à la hauteur des leurs attentes, les banquiers traînent un peu les pieds.

Nouvelle saison pour le feuilleton de l’introduction en Bourse du siècle. Le géant pétrolier Saudi Aramco a annoncé mardi qu’il tiendrait sa toute première présentation de ses bénéfices à destination des analystes et des investisseurs courant août. Cette invitation, par e-mail, a été immédiatement analysée comme un signe avant coureur d’une cotation du joyau de la couronne saoudienne. Déjà, début juillet, des premières rumeurs sur une reprise du projet de mise en Bourse en 2020 ou 2021 avaient agité les spécialistes des marchés actions.
C’est que l’opération, sur le papier du moins, a de quoi attiser l’intérêt. Si aucun objectif n’a été officiellement communiqué par Riyad, les chiffres de levées de fonds qui circulent vont jusqu’à 100 milliards de dollars pour 5 % du capital. Ce qui valoriserait Saudi Aramco,
la société la plus profitable du monde

, 2.000 milliards de dollars. On pourrait donc s’attendre à ce que les grandes banques d’affaires se bousculent pour elles semblent y aller à reculons. Pourquoi ce manque d’enthousiasme ? Parce qu’elles ont été échaudées par les précédents reports de l’opération. La première mention d’une mise en Bourse de Saudi Aramco par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, remonte à 2016. Cette opération était même présentée comme la clef de voûte du plan de transformation de l’économie d’un Royaume des Saoud cherchant à réduire sa dépendance au pétrole.
Pendant deux ans, les places financières – notamment Londres et New York – se sont livrées à 
une concurrence exacerbée

 pour accueillir la cotation. Les banquiers choisis par Ryiad pour accompagner Aramco en Bourse, ont pour leur part multiplié les allers-retours en Arabie Saoudite à grands frais et souvent au détriment de leurs autres dossiers. Certains établissements, souligne Bloomberg, ont fortement accru leur activité dans le Royaume espérant gagner ainsi le droit de participer à « l’IPO du siècle ».
Dossier complexe
Des espoirs froidement douchés 
par la suspension du projet

l’an dernier,
qui fait toujours planer un doute

sur la faisabilité du projet. D’ores et déja, HSBC et la petite boutique de Wall Street, Evercore, qui avaient été sélectionnées pour la première tentative pourraient voir leur rôle réduit, selon Reuters. Le dossier est complexe. Il faut notamment que Riyad accepte de se plier entièrement aux règles de transparence inhérente à la cotation. Et procéder à une séparation franche des liens extrêmement serrés entre Aramco et l’Etat.
Un travail colossal, qui nécessite d’envoyer à nouveau des équipes sur place, et pour lequel les banques ne seront peut-être pas suffisamment rémunérées. Fort de sa puissance et comptant sur le désir des grands établissements de participer à cette opération prestigieuse, Riyad a cassé les prix sur les commissions. Malgré ces obstacles ces derniers devraient tout de même se porter candidats. Un bel exemple de « saudo-masochisme », selon le mot d’un éditorialiste de Reuters.

Francine Pernod

Francine Pernod

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