Cette tentative de retrait de la Bourse qui empoisonne le private equity

Share on facebook
Share on google
Share on twitter
Share on linkedin
L'homme d'affaires Christian Burrus et sa galaxie de sociétés s'opposent au retrait de la cote du grossiste en assurances Français April, orchestré par le fonds d'investissement anglo-saxon CVC. Une opération qui devait inaugurer l'une des premières offres de retrait depuis les nouvelles conditions offertes par la loi Pacte.

Voilà qui agace sérieusement le milieu du private equity. Le rachat du courtier en assurances April par le fonds d’investissement anglo-saxon CVC devait donner le « go » à une vague de retraits de cotes dans l’Hexagone et inaugurer l’une des premières opérations du genre dans les termes assouplis par la loi Pacte. Mais un investisseur suisse menace de faire capoter l’opération et le dossier a pris une tournure judiciaire.
D’où vient le litige ? A l’issue d’un
processus d’enchères très disputé

, le fonds CVC avait racheté le 18 décembre dernier la part majoritaire d’April détenue par son fondateur Bruno Rousset. Il avait ensuite annoncé son intention de retirer la société de la cote. Une opération facilitée depuis que la loi Pacte a réduit le seuil de détention du capital de 95 à 90 % pour déclencher un retrait obligatoire.
Pour convaincre les actionnaires minoritaires d’April de céder leurs titres (plus de 30 % du capital) CVC leur a offert 21,60 euros par action, soit une prime de 25,9 % sur le cours de clôture de la société la veille de l’annonce du rachat. Une offre qui court jusqu’à ce vendredi soir.
211ème fortune de France
Mais entre-temps, un investisseur d’April est venu compliquer l’affaire. Il s’agit de Christian Burrus, 211ème fortune de France, selon Challenges (420 millions d’euros), au coeur d’une galaxie de sociétés, dont Diot, un grand courtier en assurances français.
Certaines de ses entités ont surenchéri sur l’offre de CVC à 21,70 euros. Résultat : elles détiennent à ce jour plus de 9 % du capital… Quasiment de quoi faire échouer l’opération de CVC.
Devant cette menace, le fonds d’investissement a porté l’affaire en justice. Avant le lancement de l’opération boursière, Christian Burrus a en effet demandé à rencontrer CVC, et s’est engagé en contrepartie à ne pas racheter de titres.
La décision du Tribunal de Commerce est tombée ce mardi. L’ordonnance de référé – prononcée par une ancienne figure du private equity Patrick Sayer – a en partie donné raison à CVC. Christian Burrus a reçu l’injonction de ne pas acheter de titres, sous peine de devoir payer 10.000 euros par action April nouvellement acquise. En revanche, le tribunal a laissé les mains libres aux sociétés de la galaxie de l’homme reste déterminé à poursuivre son offensive. Un proche le justifie ainsi : « Un retrait obligatoire est une expropriation. Les minoritaires sont libres de ne pas répondre à l’offre qui leur est faite. Ayant financé son opération par la dette, le fonds a en effet intérêt à remonter ensuite un maximum de dividendes issus de la génération d’Ebitda, ce qui peut également intéresser les minoritaires. Un certain nombre d’entre eux souhaitent donc rester associés au capital, que la société reste cotée ou non ». Le résultat de l’offre de retrait sera connu mercredi.

Francine Pernod

Francine Pernod

Laissez vos commentaires!