L’éventualité d’un Brexit sans accord fait dévisser la livre

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Les investisseurs sont désormais obligés de regarder en face un scénario qu'ils s'étaient toujours refusés à envisager sérieusement. Le Royaume-Uni accélère ses préparatifs en vue d'un Brexit dur. Avec ou sans accord, le pays sera prêt à quitter l'Union européenne le 31 octobre prochain, a indiqué Boris Johnson.

Le chef de la diplomatie britannique a confirmé lundi matin les propos tenus par Boris Johnson à son 
arrivée au Downing Street

la semaine dernière : le Royaume-Uni accélère ses préparatifs pour un Brexit dur. Avec ou sans accord, le pays sera prêt à quitter l’Union européenne le 31 octobre prochain, a affirmé à la BBC le secrétaire britannique au Foreign Office, Dominic Raab.
La livre sterling a accusé le coup. La chute de la devise britannique, qui avait déjà perdu près de 1 % la semaine dernière, s’est accélérée. Elle est tombée sous 1,2250 dollar en séance, son niveau le plus bas depuis mars 2017. Du côté du marché obligataire, en baisse de 4 points de base, les taux de référence à 10 ans – qui correspondent au rendement du Gilt britannique à cette échéance – sont passés sous 0,65 %.
Pire performance des devises du G10
Les investisseurs sont désormais obligés de regarder en face un scénario qu’ils s’étaient toujours 
refusés à envisager sérieusement

. Le week-end dernier, Boris Johnson a prévenu l’Union européenne que si elle voulait éviter un Brexit sans accord, elle devrait renoncer à la clause de sauvegarde (« backstop »). Cette dernière – qui a pour but d’éviter le rétablissement d’une frontière physique en Irlande – faisait partie de l’accord de sortie conclu fin 2018. « Ce que le Premier ministre a ordonné et que le gouvernement a accepté, c’est de mettre le turbo pour les préparatifs [d’un Brexit sans accord] », a insisté Dominic Raab.
Signe de la nervosité des opérateurs de marché, en juillet, la livre sterling a enregistré la pire performance des devises du G10 : -2,7 % face au dollar. Et, à en croire le positionnement des opérateurs de marché, la glissade a toutes les chances de se poursuivre. Les hedge funds (fonds spéculatifs) ont augmenté leurs positions nettes vendeuses sur la livre sterling à 6,11 milliards de dollars dans la semaine au 23 juillet, au plus haut depuis près d’un an.
Parité avec l’euro
Pour les analystes non plus, le scénario d’un divorce sans accord n’est toujours pas totalement intégré dans les cours. Certains voient la livre sterling tomber à parité face au dollar ou à l’euro, en cas de « hard Brexit ». « Dans le cas d’une sortie sans accord – qui n’est toujours pas notre scénario central même si la probabilité a augmenté – la livre sterling pourrait chuter à 1,15 dollar et se diriger vers la parité avec l’euro », estiment notamment les analystes de Lombard Odier dans leur dernier rapport mensuel sur le marché des changes.
Cet environnement dope en revanche la Bourse de Londres. Un paradoxe ? Pas vraiment. Car la dépréciation de la livre sterling avantage les valeurs exportatrices cotées outre-Manche. Lundi, le FTSE 100 gagnait près de 2 % dans l’après-midi, alors que le CAC et le DAX étaient proches de l’équilibre.

Francine Pernod

Francine Pernod

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