Bourse : la chute prend de l’ampleur

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La relance de la guerre commerciales fait chuter les places financières européennes et asiatiques après la riposte de Pékin à l'annonce de taxes douanières américaines. Le CAC 40 recule de 1,5 %, Hong Kong cède 2,8 %.

Pas de répit pour les investisseurs européens. Après une fin de semaine sanglante dans le sillage
des nouvelles taxes douanières

annoncées par le président des Etats-Unis Donald Trump, les bourses du Vieux Continent continuent de reculer ce lundi. Le CAC 40 abandonne 1,5 %, le DAX allemand recule de 1,26 % et Londres de 1,67 %. En tout, depuis jeudi, l’Eurostoxx 50 a perdu 4,87 % et le CAC 40 5,36 %. En Asie, l’indice de Hong Kong plonge de 2,8 %. La baisse s’explique également par 
la poursuite des manifestations

dans la cité-Etat.
Les marchés financiers réagissent à la riposte chinoise qui marque une escalade dans la guerre commerciale. D’une part les entreprises publiques vont cesser leurs importations de produits agricoles en provenance des Etats-Unis. D’autre part, les autorités ont laissé la devise chinoise se déprécier, passant la barre symbolique de 7 yuans pour un 1 dollar,
au plus bas depuis 2008

. Enfin, la banque centrale chinoise a annoncé qu’elle entendait assouplir ses conditions monétaires.
Vers une guerre commerciale totale ?
« Pékin frappe sur les deux principales critiques de Donald Trump », commente Aurel BGC. Le président des Etats-Unis dénonce régulièrement le taux de change chinois et le non-respect d’importer davantage de produits agricoles américains. « Le dialogue est-il encore possible ? Va-t-on vers une guerre commerciale totale ? », s’interroge le courtier.
« Si la violence de cette réponse peut surprendre, les instruments utilisés sont très classiques », nuance Stéphane Déo de La Banque Postale AM. L’analyste note que les importations de soja américain par la Chine avaient déjà commencé à reculer mi-2017 au profit du Brésil. Par ailleurs le recul du yuan (environ 2 % en une semaine), ne permet de compenser qu’un tiers de la hausse de 6 % du prix moyen des biens chinois liée à ces nouvelles taxes. L’action de la banque centrale est elle aussi « un grand classique », mais à la portée limitée : « même avec une croissance de plus en plus domestique, on peut douter de l’efficacité de telles mesures en cas de guerre commerciale compter de septembre, Donald Trump veut taxer à 10 % le reste des importations chinoises qui ne faisaient pas l’objet de surtaxes. « Ce qui veut dire que les produits de consommation ne seront pas épargnés cette fois, qu’il s’agisse des iPhone ou des chaussures Nike », explique Aurel BGC. Pourtant les indices américains semblent mieux résister que les places européennes. « Contrairement aux Etats-Unis, les marchés européens ne bénéficient plus vraiment de la protection de la banque centrale, confrontée à un problème d’efficacité de sa politique monétaire », ajoute le courtier. La Fed a décidé de 
baisser ses taux directeurs

mercredi dernier.

Francine Pernod

Francine Pernod

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