Taux négatifs : la Societé Générale se “pose la question” de taxer les gros dépôts

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C’est ce qu’explique la directrice de la banque de détail, avouant que la Société générale pourrait également relever ses tarifs bancaires, gelés en 2019.

Les clients de la Société Générale risquent de grincer des dents en lisant l’interview de Marie-Christine Ducholet accordée aux Echos. Directrice de la banque de détail de Société Générale en France, elle n’écarte pas la possibilité de taxer les gros dépôts des clients de l’établissement à l’avenir. “Ce n’est pas prévu dans l’immédiat”, a-t-elle dans un premier annoncé, avant d’ajouter : “Mais dans un environnement de taux négatifs persistants, la question se pose, fatalement, pour les très gros dépôts. Et plutôt que taxer les dépôts, nous préférerons toujours inciter les clients à placer leur argent, à investir”.
Des propos qui vont à l’encontre de ceux tenus par Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale, qui avait annoncé en juillet dernier, toujours aux Echos : “On est très loin de mettre en place une facturation des dépôts”. Mais il faut croire que cette possibilité n’est plus taboue en France. Lombard Odier a été la première banque française à annoncer que les gros dépôts (supérieur à un million d’euros pour les clients sans mandat de gestion) seraient taxés.
La banque Rothschild & Co réfléchit également à cette éventualité, a avoué François Pérol, le coprésident de son comité exécutif, aux Echos : “Nous verrons ce que fera le marché. On ne s’interdit pas d’avoir des conversations au cas par cas avec certains de nos clients qui laisseraient beaucoup de liquidités sur leur compte”, a-t-il glissé, alors que d’autres établissements bancaires ne seraient pas fermés à cette possibilité en raison de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui a augmenté les pénalités que doivent payer les banques lors du dépôt de leurs liquidités excédentaires.
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Pas “illogique” de relever les tarifs bancaires
Une autre annonce de Christine Ducholet risque de ne pas plaire aux clients de la Société Générale. Selon elle, les tarifs bancaires pourraient être revus à la hausse dans les mois à venir. “On les a gelés à la demande de l’Etat, dans le contexte des Gilets jaunes. Il ne serait pas illogique qu’on les relève désormais”, justifie-t-elle, avant toutefois de tenter de rassurer : “Mais les décisions d’augmenter les tarifs se font de toute façon au cas par cas, selon les services. Les clients sont d’ailleurs prêts à payer plus s’ils disposent de services à forte valeur ajoutée. C’est le cas par exemple des virements instantanés.”
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La dirigeante de la Société Générale avance une autre explication à la possible hausse des tarifs : “La persistance des taux bas nous contraint de toute façon à réfléchir à de nouveaux modèles de facturation. Avec les taux positifs, il était plus facile d’offrir des services gratuits car on pouvait se rémunérer par ailleurs sur les dépôts”. Elle n’a toutefois pas évoqué de date, que ce soit pour cette hausse des tarifs ou pour la taxation des gros dépôts. De quoi laisser encore un peu de répit aux clients de la Société Générale.

Francine Pernod

Francine Pernod

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