Jambon de Bayonne : une vidéo choc sur la souffrance des porcelets

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L’association Welfarm dénonce la castration des animaux sans anesthésie et pratiquée sur des bêtes âgées de moins de sept jours.

C’est une pratique barbare, mais très répandue : la castration sans anesthésie des petits porcelets. Pour dénoncer cette méthode, l’association Welfarm a diffusé une vidéo choc où l’on peut voir des cochons dont les testicules sont coupés au scalpel, sans anesthésie. Les images ont été tournées en août dernier, en caméra cachée, par l’association d’activistes pro-animaux DxE (Direct Action Everywhere), explique Libération.
Elles concernent un élevage situé près de Bordeaux et qui fournit l’indication géographique protégée (IGP) Jambon de Bayonne. La responsable de la campagne Stop castration à Welfarm explique ainsi que “les porcelets hurlent de douleur. La plaie est laissée ouverte. En diffusant ces images, nous dénonçons Jambon de Bayonne qui a rendu cette mutilation obligatoire dans son cahier des charges ” Car selon les producteurs, castrer les porcelets permet d’éviter que ne se développe une odeur désagréable lors de la cuisson.

3 à 5% des mâles concernés
Si les images peuvent choquer, la pratique est banale en France : 10 millions de porcelets sont castrés chaque année avant l’âge de huit jours. Une pratique qui concerne aussi bien les élevages intensifs que les élevages bio et même Label Rouge, précise Le Monde. Pourtant des alternatives existent, comme l’immunocastration, une sorte de “vaccin anti-odeur” qui retarde la survenue de la puberté. Par ailleurs, l’odeur dite de verrat, provoquée lors de la cuisson par certaines hormones sexuelles mâles, ne concerne que 3 à 5% des mâles, estime Welfarm.
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Pour encourager la filière à changer ses méthodes, l’association a également publié, en septembre, un tableau des marques de charcuterie qui s’engagent le plus pour lutter contre cette pratique. En tête du tableau, la coopérative Cooperl (Brocéliande, produits commercialisés sous la marque Carrefour) qui encourage depuis 2012 ses adhérents à ne plus castrer les animaux. 85% de ses éleveurs ont ainsi abandonné cette pratique. De son côté, Herta s’approvisionne à 60% en cochons non castrés et s’est engagée à atteindre les 100% d’ici l’année prochaine.
Dénoncer le “claquage” des porcelets
Le groupe Hénaff, de son côté, se laisse jusqu’à 2030 pour atteindre les 100% quand le groupe Aoste (Justin Bridou et Cochonou) a annoncé dans un communiqué que son objectif pour 2019 était d’avoir un approvisionnement à 50% de viande issue de porcs non castrés, et d’atteindre les 100% “dès que possible”. Madrange a également entamé sa transition.
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La castration des porcelets est par ailleurs interdite dans plusieurs pays européens : en Norvège (depuis 2012), en Suisse (2010) et en Suède (2016). L’Allemagne a annoncé l’interdiction de cette pratique en 2021 et elle est quasiment inexistante au Royaume-Uni et en Irlande.
La castration n’est cependant pas la seule souffrance des porcelets en élevage intensif, précise Libération puisque ces animaux doivent également subir une caudectomie, soit la coupe partielle de leur queue. Une opération également effectuée sans anesthésie pour éviter que les cochons, qui se meurent d’ennui dans des box surpeuplés, ne se mordillent la queue mutuellement. Autre pratique dénoncée par DxE, le “claquage” des porcelets qui consiste à tuer contre un mur ou une paroi les jeunes animaux trop faibles.

Francine Pernod

Francine Pernod

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