Protégeons les campagnes françaises des tronçonneuses !

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Les sonorités et les fragrances traditionnelles de nos terroirs vont-elles bientôt appartenir au patrimoine local ?

Le clin d’œil humoristique de Philippe Eliakim
C’est une réalité que l’on doit accepter : à la différence des Parisiens, les ruraux aiment le bruit. Il faut les comprendre, hein, le silence des grands bois 24 heures sur 24, ça finit par taper sur le système. Déjà que l’air pur a tendance à donner mal à la tête… Dans certains villages, l’atmosphère est tellement mutique et le murmure du vent si léger que même les sourds ont, paraît-il, envie de hurler. Du coup, le moindre décibel devient un trésor inestimable. Les cloches de l’église qui cadencent les heures de leurs gongs métalliques. Le tracteur du père Michel qui traîne sa carriole dans un brouhaha du diable. Les troupeaux de génisses qui meuglent à la mort sous l’orage. Et ce voisin d’en face, qu’on bénit chaque fois qu’il dégoupille sa tronçonneuse.
Pourquoi vous raconte-t-on tout cela ? Tout simplement parce que, sur ce terrain aussi, ces messieurs-dames de la capitale prétendent désormais imposer leur loi au peuple des campagnes. Figurez-vous, c’est à ne pas croire, que lorsqu’ils débarquent pour le week-end au pays de la chlorophylle, avec leur provision de tofu et leur tapis de yoga, ces snobinards exigent d’avoir du calme. Et lorsqu’ils n’en obtiennent pas, ils n’hésitent pas à porter l’a aire devant les magistrats, qui, évidemment, leur donnent raison . L’autre jour, une habitante de Margny-lès-Compiègne, dans l’Oise, a ainsi été condamnée à bâillonner son coq – autrement dit, à le passer à la casserole. Et sur l’île d’Oléron, un autre gallinacé hurleur, baptisé Maurice, devrait bientôt connaître le même sort (la décision du tribunal de Rochefort sera connue le 5 septembre, mais on la pressent déjà).
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Fort heureusement pour notre beau pays, le député de la Lozère Pierre Morel-A-L’Huissier a décidé de contre-attaquer avec une proposition de loi ciselée sur mesure. Si elle est adoptée, des «Commissions départementales des bruits et des odeurs» composées de maires, de citoyens et de représentants du monde agricole seront chargées de recenser les sonorités et les fragrances traditionnelles de nos terroirs et de les inscrire au «patrimoine local». Grâce à quoi, espère l’élu, les tondeuses à gazon du dimanche et les effluves de porcherie deviendront quasiment intouchables, comme les monuments historiques ou les ours des Pyrénées.
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Hmmm… On ne voudrait pas critiquer ici cette louable initiative, mais il existe peut-être un moyen plus simple de garantir à nos villages un éternel boucan : leur refiler Anne Hidalgo. Anotre avis, la diva des marteaux-piqueurs n’aura aucun mal à régler le problème. Et cette fois, les Parisiens seront d’accord.
Note de la rédaction : il s’agit d’un “billet d’humour”, classé pour cette raison dans la rubrique “Clin d’œil”. S’il prend comme point de départ des faits réels, tout n’est pas à prendre au premier degré…

Francine Pernod

Francine Pernod

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