« Nous sommes tous considérés comme des gangsters » : le coup de gueule de Carlos Tavares, le patron de PSA

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L'homme qui est à l'origine du redressement spectaculaire de PSA, a accordé un entretien exclusif à l'Est Républicain. Carlos Tavares exprime sa colère à l'encontre des choix européens.

Depuis cinq ans, Carlos Tavares est à la tête de la direction de PSA. Alors qu’il y est arrivé dans un moment critique pour la marque, il a su trouver les clés pour inverser la tendance. Aujourd’hui, il se lance dans un combat contre l’Europe, qui selon lui, a une mauvaise image des constructeurs. « À cause de la tricherie d’un constructeur allemand bien connu, nous sommes tous considérés comme des gangsters », lâche-t-il dans les colonnes de l’Est Républicain. Il fait référence au Dieselgate : un gigantesque scandale des moteurs diesels aux logiciels sciemment truqués par Volkswagen. « Depuis, le niveau d’écoute des élus européens est proche de zéro, or 13,8 millions de personnes vivent de l’automobile en Europe, sous la menace d’amendes de plusieurs milliards d’euros qui nous mettraient à genou », craint encore Carlos Tavares.
Il demande plus de clarté pour une transition réussie vers une mobilité propre. « Pour répondre à l’urgence climatique, on risque de rendre la mobilité, donc la liberté de mouvement de nos concitoyens extrêmement onéreuse, en particulier pour les classes moyennes et populaires. Avec la dette et une pression fiscale déjà énormes, où les pouvoirs publics trouveront-ils des marges de manœuvre ? », questionne-t-il. Alors que l’Europe insiste pour développer les véhicules électriques, le patron de PSA ne veut pas s’embarquer dans le tout électrique. « Nous allons comparer en 2020 entre deux flottes d’utilitaires, à l’hydrogène et électrique. Le grand danger de s’embarquer dans le tout électrique de façon non coordonnée, c’est d’avoir des voitures électriques à vendre et des acheteurs qui n’en veulent pas, car ils ne voient pas les bornes de rechargement, dont l’installation prendra deux ans ».
Les parlementaires critiqués
Il craint aussi, que dans ce le laps de temps, une autre technologie plus pertinente ne vienne complètement changer la stratégie. « Or, le choix de la technologie électrique, imposée par les objectifs de 2030, n’est plus dans les mains des constructeurs. Le choix scientifique a été fait à notre place par les parlementaires européens qui n’ont d’ailleurs pas voulu me parler. Pourquoi nos élus ont voté - 40 % d’émissions en 2030 sans avoir dans leur main ne serait-ce qu’une étude d’impact ? », s’agace-t-il encore bien décidé à ne pas se laisser faire.
>> A lire aussi : Comment PSA siphonne les cerveaux de Renault

Francine Pernod

Francine Pernod

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