Le pire ennemi du chef d’entreprise, c’est la solitude

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Seul ne signifie pas isolé. Pour réussir, s’entourer et écouter les avis éclairés de vos pairs sera nécessaire, dit Olivier de La Chevasnerie, le président de Réseau Entreprendre.

Management : D’après une enquête récente, 61% des lauréats accompagnés par Réseau Entreprendre se lancent dans la création d’entreprise à plusieurs. Est-ce à dire que vous dissuadez les gens d’y aller seuls?
Olivier de La Chevasnerie : Pas du tout. Il y a autant de réussites dans les deux modèles. Chacun a ses avantages. Seul, les dossiers sont plus faciles à monter. A plusieurs, on a davantage d’idées, de compétences. Ce qui compte réellement, c’est d’être heureux dans son projet de création, seul ou entre associés.
Vous conseillez néanmoins aux créateurs de se faire accompagner.Evidemment, c’est notre raison d’être. Il me semble que vouloir tout faire seul, de façon jusqu’au-boutiste est une erreur. Il y a tant d’offres d’accompagnement gratuites que l’entrepreneur en trouvera forcément une qui lui convient. Un chef d’entreprise qui épaule un créateur n’est pas meilleur que lui. Mais il a dix ans de vécu de dirigeant de plus. Une expérience qui peut faire gagner beaucoup de temps.
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Quels sont les principaux dangers qui guettent les solos?Le pire ennemi du chef d’entreprise, c’est la solitude. On a souvent du mal à demander de l’aide. Moi, par exemple, j’ai failli planter ma boîte, Sygmatel, au bout de trois ans d’activité. Tout allait bien : les affaires fleurissaient, nous étions 70 personnes.
Mais, en réalité, nous avions triplé notre business plan et nos besoins en fonds de roulement s’élevaient à un million d’euros. Or, nous ne les avions pas. Je continuais à avancer, en me disant «Je vais y arriver, c’est certain». On a failli mettre la clef sous la porte, ça aurait pu être une catastrophe. Un conseil de surveillance ou un réseau d’accompagnement m’aurait mis en garde. Là, c’est le physique qui a parlé…
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Comment cela ?J’ai contracté une méningite, j’ai été obligé de m’arrêter. A sa façon, mon corps m’a dit «stop». Le dirigeant chef de bande, toujours devant, qui fonce et fait tout tout seul, est un danger pour l’entreprise. Je le déconseille.
Réseau Entreprendre suggère d’organiser une gouvernance au sein de l’entreprise…Oui, c’est une façon d’être entouré : en fonction de ce que l’on préfère exercer à la tête de l’entreprise (les opérations, les décisions ou la stratégie), on recrutera un directeur général, on choisira des associés ou on réunira un conseil de surveillance. De cette façon, on prépare ses choix. En dernier ressort, la décision se prend toujours seul. Mais avec un entourage, au moins est-elle mieux construite.
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Patrick AlvesOlivier de La Chevasnerie est fondateur du groupe Sygmatel (services dans le secteur de l’électricité).

Francine Pernod

Francine Pernod

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