Les instits d’Angoulême ne veulent pas de “l’école pour gosses de riches”

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Une école privée doit être installée sur le site de l’ex-IUFM obligeant les personnels à déménager dès la rentrée alors que le futur bâtiment censé les accueillir ne sera pas prêt.

Ils sont en colère et ils le font savoir. Les employés de l’ancien Institut de formation des maîtres (IUFM) à Angoulême (Charente) se mobilisent pour protester contre l’arrivée probable à la rentrée d’un United World College (UWC). Cette école privée propose, moyennant finance, à des élèves de se préparer à un baccalauréat international. Elle doit s’implanter à la place de l’actuel institut de formation, obligeant les locataires historiques de lieux à déménager sur un autre campus, explique La Charente libre.
Les employés de l’établissement dénoncent “une marchandisation de l’école de la République”. “Quand, il y a des années, l’école normale pour garçon de Sillac est devenue un lycée pro, ça n’a posé de problème à personne. Mais une école publique, ici depuis 1884, transformée en école de luxe à 70.000 euros l’année, c’est hyperviolent”, déplore une professeure de lettres. Parmi les slogans affichés sur les grilles du bâtiment historique, on peut ainsi lire : “L’école normale devient une école pour gosses de riches”.
Rapprochement des peuples
Au cœur de la colère des agents, les conditions de cette arrivée. Car pour céder la place à l’UWC, les personnels vont devoir déménager à La Couronne en septembre. Problème, le nouveau bâtiment censé les accueillir ne sera pas prêt avant 2021. D’ici là, les 150 futurs profs d’école devront partager les salles de classe avec d’autres étudiants. De leur côté, les personnels techniques et administratifs devront attendre dans des Algeco placés à proximité.
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“On demande aux personnels de l’école de la République de partir de la rue de Montmoreau pour laisser la place à un privé et on les reloge dans des préfabriqués. C’est indigne”, déplore une enseignante. De son côté, le vice-président du département en charge de l’enseignement supérieur, Jérôme Sourisseau, critique cette opposition de classe : “Qu’ils regardent la philosophie d’UWC : cette école a été créée pour le rapprochement des peuples et éviter les conflits mondiaux”.
L’élu estime également que les personnels ont “plus à gagner qu’à perdre” avec ces nouveaux aménagements. Dans leur nouveau cadre, “les étudiants et les personnels profiteront de locaux et d’un environnement plus adapté. Les bâtiments historiques de la rue de Montmoreau sont devenus très énergivores”, affirme-t-il.

Francine Pernod

Francine Pernod

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