Managers, n’oubliez pas d’être gentils !

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Nous serions naturellement prédisposés à abuser d’une position dominante. Mais rien ne nous empêche de nous corriger ! L’entreprise a tout à y gagner.

“Le paradoxe du pouvoir.” L’expression a été popularisée par Dacher Keltner, professeur de psychologie à l’université de Californie, à Berkeley. Dans The Power Paradox : How We Gain and Lose Influence (Penguin Books, 2016, non traduit), le chercheur américain explique que l’empathie, la bienveillance ou encore l’ouverture d’esprit sont indispensables pour gravir les échelons d’une entreprise. Mais ces qualités s’estompent une fois arrivé en haut ! Les puissants sont plus susceptibles d’adopter des comportements désinhibés, égoïstes, grossiers, surtout lorsque leur promotion est récente. Keltner note que ces dirigeants coupent davantage la parole en réunion, haussent plus souvent le ton, ont tendance à mal parler à leurs subordonnés… au risque de peser sur le bien-être des cadres, sur leur engagement et leurs performances. “Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument”, écrivait déjà l’historien et homme politique anglais lord Acton, au XIXe siècle.
Mauvais penchants
Dès l’Antiquité, Platon évoquait cette dérive dans La République, dans l’allégorie de l’anneau de Gygès: le berger Gygès découvre un cadavre portant un anneau d’or. Il s’empare du bijou et s’aperçoit qu’il devient invisible lorsque le chaton est tourné vers l’intérieur. Gygès en profite pour s’introduire dans un palais, tuer le roi et épouser la reine – vous l’avez remarqué, ce récit a inspiré Le Seigneur des anneaux, de J. R. R. Tolkien. Platon utilise cette allégorie pour réfléchir à la notion de justice : est-ce une disposition naturelle, innée, ou une simple convention sociale, un ensemble de lois faites pour brider nos mauvais penchants ? Le philosophe défend l’idée que nous sommes tous disposés à faire le bien et même à comprendre que nous y avons intérêt. Au travail, la bienveillance, l’empathie et la générosité sont désormais reconnues comme des facteurs de productivité. Keltner donne donc une série de conseils pour se corriger lorsque l’on est promu : se forcer à prendre des nouvelles de ses collègues, à s’intéresser à eux et à souligner leurs qualités. Déléguer, sourire, être enthousiaste, pour éviter de devenir une caricature de chef.
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Francine Pernod

Francine Pernod

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