Editeur, styliste, graphiste… ces télétravailleurs témoignent

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Editeur, styliste ou spécialiste de l’e-marketing, ces télétravailleurs nous ouvrent les portes de leur bureau à domicile.

Jean de Beaumont, éditeur de guides touristiques
Ce fan d’équitation qui dresse des chevaux d’obstacle s’est installé à la campagne il y a plus de vingt ans, dans la petite commune de Trizay-lès-Bonneval, en Eure-et-Loir. La vie de bureau, ce publicitaire l’a connue, ou plutôt subie, par intermittence dans sa carrière. Jean de Beaumont ne goûte ni les contraintes de l’entreprise ni la vie citadine. Directeur des guides touristiques Rivages, également investi dans le développement de paris hippiques à l’étranger, en partenariat avec le PMU, il n’est jamais mieux inspiré que lorsqu’il s’attable à son bureau équipé de deux écrans, avec vue sur son jardin fleuri. Rien de formaté dans cette pièce aux poutres apparentes, au sol réchauffé d’un tapis coloré et au mobilier vintage.
L’homme se sent plus efficace au vert. “Je suis moins dérangé et je peux tout faire plus sérieusement.” Sa discipline ? S’installer devant son ordinateur à 9 heures, quitte à se lever plus tôt pour soigner d’abord son potager ou monter ses chevaux, en pension dans le centre hippique voisin. Il travaille ensuite jusqu’à 18 heures, s’accordant une rapide pause déjeuner. “Le risque quand on s’organise seul, c’est de trop travailler, avoue celui qui planche parfois jusque tard dans la nuit. Par chance, j’ai mes chevaux. Je ne peux pas les priver de sortie sous prétexte que j’ai du boulot !”
Jean de Beaumont, éditeur de guides touristiques. – ©Milena Perdriel pour Management.Lorsqu’il a besoin de réunir ses équipes de free-lances, il le fait dans son pied-à terre parisien, judicieusement choisi à proximité de la gare d’Austerlitz qui dessert sa campagne en moins d’une heure et demie. “Je groupe mes rendez-vous afin de n’y dormir qu’une nuit par semaine.” La technologie a simplifié sa logistique. Plus besoin d’envoyer ses disquettes à l’éditeur par la poste comme du temps où il était auteur indépendant. Dans son repaire champêtre, Jean de Beaumont n’a pas lésiné sur les équipements : imprimante de pro, massicot, double connexion 4G et WiFi, au cas où l’une serait défectueuse. En cas de panne informatique, l’éditeur compte sur son fidèle Thierry, un as du Mac, qui prend la main à distance. “J’achète le matériel par son intermédiaire pour m’assurer du service après-vente.” Imparable !
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Isabelle Oziol de Pignol, illustratrice et styliste pour la mode
Longtemps styliste chez Balmain, Isabelle Oziol de Pignol avait déjà fait le choix de travailler à son compte lorsqu’elle habitait Paris, colonisant, sans grand confort, un coin de son salon. A Menton, dans le sud-est, où elle a élu domicile en famille il y a près de vingt ans, à la faveur d’une mutation de son mari à Monaco, elle a jeté son dévolu sur l’unique pièce dotée d’un balcon pour y installer son bureau. Face à la mer que l’on aperçoit au loin, entourée de plantes grasses semées en pot, elle s’y accorde des pauses en sirotant un thé. “J’en bois des litres pour éviter de grignoter toute la journée, ce qui est la tentation quand on bosse chez soi.” Orientée plein sud, la pièce où elle travaille est baignée de cette lumière essentielle à son métier. “Je me suis installée de façon à éviter le contre-jour.” Le mobilier est épuré : un bureau Ikéa en partie vitré pour faire office de table lumineuse, une console blanche, des étagères blanches.
Isabelle Oziol de Pignol, illustratrice et styliste pour la mode. – ©Benjamin Bechet pour Management.Au fil des ans, les piles de magazines et les mémos scotchés sur les murs ont toutefois envahi l’espace. “Il y a une logique de rangement dans mon désordre, assure Isabelle. Ici les dossiers clients, là les fournitures et puis, oui, une avalanche de magazines qui sont une de mes sources d’inspiration et dont j’ai du mal à me séparer !” L’illustratrice éprouve parfois un sentiment de culpabilité quand elle en épluche les pages au lieu de se mettre à l’ouvrage. Le plus dur ? Démarrer un projet. Mais une fois lancée, elle peut passer la nuit entière à dessiner sur papier puis à retravailler ses illustrations en version numérique. “De temps en temps je m’accorde une sieste de dix minutes sur mon siège de bureau inclinable.”
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Au quotidien, ses horaires sont fonction des demandes des clients. Quand rien ne presse, elle va flâner devant les boutiques de Nice une journée entière pour s’imprégner des nouveautés ou elle passe des heures à faire de la veille sur Internet. “Mon bureau est l’espace où je suis reliée à l’extérieur”, confie celle qui souffre parfois de solitude, regrettant la frénésie des grandes villes. Ses déplacements presque mensuels à Paris, chez ses clients de la mode, lui permettent de recharger ses batteries.
William Hutter et Emilie Dupré, free-lances en webmarketing
Emilie, 39 ans, n’en pouvait plus de perdre deux heures par jour entre Marseille et Aix où elle pilotait les ventes à l’international d’une boîte de matériel électronique. William, 36 ans, concepteur graphique, travaillait déjà comme free-lance au sein du collectif Digital Village. Alors, ces parents de deux jeunes enfants ont sauté le pas. Ils viennent de quitter leur appartement exigu de la cité phocéenne pour une maison de 200 mètres carrés dans le village de La Chapelle-en-Vercors, 600 habitants, perché à 1.000 mètres d’altitude. La couverture WiFi et la situation de la maison, à cinquante minutes de la gare TGV de Valence et à moins de trois heures de Marseille, ont été déterminantes dans leur choix.
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William Hutter et Emilie Dupré, free-lances en webmarketing. – ©Benjamin Bechet pour Management.Le duo partage désormais un bureau de 20 mètres carrés installé au rez-de-chaussée. Ils y ont chacun leur table sur tréteau et chacun leur fenêtre avec vue sur les prairies et sur la forêt. Le décor est minimaliste, mais ils n’ont pas lésiné sur le confort de leurs chaises de bureau : des Herman Miller dernier-cri, louées 15 euros par mois. “L’ergonomie est très importante”, souligne William qui a souffert de tendinites au bras lorsqu’il faisait du codage ou du design web pendant des heures. Pro du commerce international, profession qu’elle a exercée cinq ans dans une entreprise au Québec, Emilie s’est reconvertie en experte des places de marché. Elle pilote à distance les ventes sur Amazon de deux clients réguliers, l’un britannique, l’autre canadien.
Le couple a en outre lancé un site d’e-commerce, Babymousse.com, et a organisé au grenier un studio avec fond vert et éclairages pour les prises de vue. Le rythme de travail est calé sur les horaires de l’école et de la nounou, de 8h30 à 17h30. Leur luxe ? Maîtriser leur temps. “Nos interruptions sont volontaires”, se réjouit Emilie. Presque deux fois par semaine, avant d’attaquer le travail en milieu de matinée, ils s’accordent une séance de méditation ou une randonnée dans la nature, à pied ou en vélo. “On avait envie d’une vie plus simple”, disent ces free-lances qui bossent en jeans et tongs. “Je n’enfile une chemise que lorsque j’ai une réunion en visioconférence”, précise William. Ils se félicitent de leur complémentarité : “Emilie m’épaule sur la partie administrative et, moi, j’interviens quand elle a un blocage informatique.”
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Muriel, graphiste indépendante
Deux jours par semaine, Muriel travaille sous contrat avec la mairie d’Arcachon. Le reste du temps, cette graphiste bosse depuis chez elle, à La Teste-de-Buch, au cœur des Landes de Gascogne. “Quand j’ai fait construire la maison, il y a sept ans, j’ai pensé la verrière comme un espace de travail au cœur de la pièce à vivre. Je voulais être en communication avec ma famille, et pas enfermée dans une pièce. Je suis plus productive de cette façon. Ça me nourrit et m’inspire.” Elle a installé son bureau à proximité de ceux de mes deux filles de 16 et 11 ans. “Quand on entre dans cet espace, c’est vraiment pour travailler au calme. Chacune a son coin et n’empiète pas sur celui des autres. Quand c’est vraiment nécessaire, j’arrive à me mettre dans ma bulle pour me concentrer. Mais il y a des échanges : elles me disent ce qu’elles pensent de mon travail et je peux les aider dans leurs devoirs.”
Muriel, graphiste indépendante. – ©Rodolphe Escher pour Management.>> Notre service – Entrepreneurs, toutes vos formalités juridiques en ligne : plus simple, plus rapide et moins cher, pour créer une entreprise, modifier ses statuts, protéger une marque ou un logo, déposer un brevet, récupérer une facture…

Francine Pernod

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