Réforme des retraites : les faveurs que le gouvernement pourrait accorder aux électriciens et gaziers

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Si les patrons d'EDF et Engie n'ont pas été reçus officiellement à Matignon, cela fait un an et demi que le patronat et les syndicats de la branche énergie travaillent ensemble afin d'adoucir la transition vers le régime universel pour les salariés au statut. On vous liste les avantages qui auraient déjà été accordés par le gouvernement.

Les régimes spéciaux d’EDF et Engie devraient être relativement préservés par le gouvernement. En effet, pour maintenir au moins en partie leurs avantages, les partenaires sociaux de la branche ont fait des propositions au gouvernement pour adoucir la transition vers le régime universel de retraite pour les salariés au statut. Les Échos révèlent ce lundi 23 décembre les propositions qui auraient été avalisées de manière informelle par le gouvernement pour amortir le choc de l’intégration des primes dans l’assiette de cotisations. En effet, les industries électriques et gazières ont déjà reçu l’accord de l’exécutif pour organiser une “transition d’assiette” en douceur, sans impacter les finances publiques.
Les partenaires sociaux de la branche se sont mis d’accord pour étaler sur quinze ans la transition vers la nouvelle assiette de cotisation. À partir de 2025, la réforme des retraites prévoit qu’il faudra cotiser sur les primes. Les salariés du secteur qui en perçoivent le plus vont perdre du salaire net et ceux qui en reçoivent moins subiront un manque à gagner sur leur pension future de l’ordre de 10 à 20%. Pour minimiser cet impact, des revalorisations salariales ont été actées pour que les salariés avec beaucoup de primes ne voient pas la différence. La politique salariale pourra aussi être rééquilibrée en faveur de ceux qui touchent moins de primes.
>> À lire aussi – Régimes spéciaux : les retraités EDF, RATP et SNCF toujours privilégiés selon la Cour des comptes
Autre faveur du gouvernement aux électriciens et gaziers, la dynamisation de l’épargne-retraite. Pour minimiser l’impact du régime universel de retraite sur les salariés du secteur énergétique qui vont voir baisser leurs pensions, les employeurs souhaitent développer l’épargne-retraite collective. Les Échos rapportent qu’ils ont demandé aux pouvoirs publics des assouplissements pour pouvoir cibler les salariés ayant peu de primes.
Un compte pénibilité interne à leur branche
Les électriciens et gaziers veulent aussi créer un compte pénibilité interne à leur branche. L’exécutif aurait accédé à leur demande d’élargissement du dispositif. La branche des industries électriques et gazières a imaginé un dispositif qui équivaut à une pré-retraite financée par l’employeur : la création d’un compte épargne jours retraite (CEJR), sur lequel les travailleurs exposés à la pénibilité stockent des droits à départ anticipé. En pratique, ils peuvent partir jusqu’à deux ans plus tôt, mais sans perdre de pension, car ils restent dans l’effectif salarié, puisqu’ils ne sont pas officiellement retraités.
La conversion des droits acquis en question
Un seul point reste en débat, celui de la conversion des droits acquis, qui n’aurait pas été avalisé par le gouvernement. Pour régler ce problème, les entreprises concernées ont demandé à être reçues par la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne en janvier. En effet, pour les salariés au statut nés après 1980 ou 1985, qui vont avoir une part de leur retraite dans le nouveau système, en 2025, il va falloir convertir les annuités de l’ancien régime en points du nouveau régime. La branche propose donc de laisser un droit d’option à ses salariés. Ils pourraient ainsi : soit projeter la fin de carrière et liquider leurs droits tout de suite sur la base d’un salaire fictif, soit attendre le départ à la retraite, à partir de 2037, pour constater leur salaire de fin de carrière.

Francine Pernod

Francine Pernod

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