La dette des Etats-Unis risque de s’envoler vers son pic de la Seconde guerre mondiale

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Le déficit fédéral des Etats-Unis va s'aggraver sous l'effet de la politique de Donald Trump. Et la dette risque de s'envoler sur la décennie à venir, pour retrouver son niveau de... 1946.

Les finances des Etats-Unis sont à la peine, malmenées par la politique ultra-expansionniste de Donald Trump. Le déficit budgétaire américain devrait enfler cette année à plus de mille milliards de dollars et rester supérieur à ce niveau pendant une décennie, selon les services du budget du Congrès qui pointent aussi du doigt un endettement record. Pour le seul exercice fiscal 2020, qui sera clos à fin septembre, le trou budgétaire sera supérieur de quelque 8 milliards de dollars par rapport aux prévisions d’août dernier, et atteindra 1.015 milliards de dollars, a dévoilé le CBO, une agence indépendante. Sur la période 2020-2029, il atteindra un total cumulé de 12.367 milliards de dollars.
Le déficit représentera ainsi 4,6% du Produit intérieur brut (PIB) cette année et 5,4% en 2030, estime également le CBO, qui base ses projections sur une croissance de 2,2% cette année et autour de 1,7% entre 2021 et 2030. Il note que l’expansion sera soutenue cette année par les dépenses des consommateurs ainsi qu’un rebond des investissements des entreprises. Pour autant, “en raison de ces larges déficits, la dette fédérale (…) est attendue en hausse, passant de 81% du PIB en 2020 à 98% en 2030, son plus haut pourcentage depuis 1946”, soit juste après la Seconde Guerre mondiale, observe l’agence. D’ici 2050, la dette va poursuivre son ascension et pourrait représenter 180% du PIB, un record.
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La réforme fiscale, voulue par le président Donald Trump et actée fin 2017, s’est traduite par une baisse massive des impôts payés par les entreprises et les ménages les plus riches. Elle a eu pour effet de creuser le déficit. L’administration Trump soutient que la réduction des impôts va être compensée par la croissance du PIB. Alors que les faibles taux d’intérêt américains ont réduit le coût de la dette, ce qui contribue à contenir les déficits projetés, le CBO a déclaré “qu’une combinaison de lois récentes et d’autres changements ont augmenté” les déficits.
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Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a rejeté récemment les accusations selon lesquelles les réductions d’impôts de 2017 ont provoqué des déficits budgétaires incontrôlables. “En ce qui concerne le déficit budgétaire de cette année (2019), cela n’a rien à voir avec la loi fiscale”, s’est-il défendu sur CNBC en décembre, soulignant que le creusement était lié aux dépenses publiques, en particulier en faveur de la défense.
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“Les dépenses de défense ont été une priorité majeure pour le président. Avec toutes les problématiques dans le monde, il est absolument important que nous ayons les meilleurs militaires” au monde, a-t-il alors fait valoir. La semaine dernière, il a toutefois reconnu la nécessité de réduire la croissance des dépenses publiques tout en promettant davantage de baisses d’impôts, cette fois pour les Américains de la classe moyenne.
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Le démocrate John Yarmuth, président de la commission du budget de la Chambre des représentants, a, lui, estimé que les prévisions du CBO “confirmaient que les politiques économiques du président Trump n’avaient pas stimulé durablement l’économie comme il le prétendait”. “La loi fiscale républicaine de 2017 a provoqué un trou de 1.900 milliards de dollars dans la dette et a exacerbé notre déficit budgétaire à long terme”, a-t-il déploré dans un communiqué.
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Les économistes recommandent depuis longtemps au gouvernement américain de profiter de la croissance pour réduire le déficit afin de s’assurer qu’il y ait des fonds disponibles quand la prochaine récession se produira. Maya MacGuineas, présidente du Comité pour un budget fédéral responsable, a exhorté les responsables américains à ne plus tergiverser, d’autant plus que les intérêts de la dette constituent la partie du déficit qui augmente le plus rapidement. “Plus de la moitié du déficit est due au choix des décideurs politiques d’emprunter pour financer les récentes baisses d’impôts et l’augmentation des dépenses”, a-t-elle réagi dans un communiqué. Elle a souligné l’urgence d’agir alors que “nous laissons aux générations futures un incroyable fardeau”.
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Getty Images

Francine Pernod

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