“Le palladium profitera du boom des voitures hybrides et des nouvelles normes dans l’auto”

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Le palladium a encore de beaux jours devant lui : les prix devraient encore rester soutenus, en dépit de leur envolée, juge notre chroniqueur Benjamin Louvet, gérant du fonds OFI Precious Metals chez OFI Asset Management.

Le palladium a une nouvelle fois connu une performance exceptionnelle en 2019. Après avoir crû de 20% en 2016, de 60% en 2017 et de 15% en 2018, le métal a terminé le millésime écoulé en progression de plus de 60%, sur de nouveaux plus hauts historiques. Les raisons de cette progression ininterrompue sont toujours les mêmes. Le palladium est un petit marché (environ 350 tonnes), dont la production est essentiellement (environ 80% de la production) assurée par deux pays : la Russie et l’Afrique du Sud.
En l’absence de découvertes majeures dans ce domaine au cours des dernières années, la production est extrêmement contrainte. Le marché devrait ainsi connaître cette année sa neuvième année consécutive de déficit de la production par rapport à la demande. Du 1er au 15 janvier 2020, les cours du palladium ont encore progressé de plus de 13%, marquant de nouveaux plus hauts historiques (après un record à près de 2.500 dollars le 20 janvier, le métal a corrigé, NDLR) !
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Le mouvement semble donc bien parti pour se poursuivre. Néanmoins, des inquiétudes sur la demande pourraient marquer un coup d’arrêt à cette progression fulgurante. Le palladium étant essentiellement utilisé pour la fabrication de pots catalytiques pour véhicules à essence (plus de 75% de la demande), le ralentissement constaté dans les ventes automobiles, en particulier en Chine, pourrait inquiéter. Le recyclage est amené à se développer et pourrait soulager partiellement le marché. Cependant, les normes environnementales devenant de plus en plus strictes en Chine, qui vient de mettre en place la norme China 6, les constructeurs automobiles pourraient se voir obligés d’équiper leurs véhicules de catalyseurs plus efficaces. Cela passerait obligatoirement par une augmentation de l’utilisation de platinoïdes (dont fait partie le palladium, NDLR).
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Par ailleurs, le développement de la voiture électrique ne constitue pas une menace à court terme, les volumes étant trop faibles. Il pourrait même favoriser une hausse de la consommation de platinoïdes si ce sont essentiellement des véhicules hybrides qui sont vendus. En effet, un véhicule hybride fonctionnant à des températures moins élevées du fait de la bascule fréquente d’un moteur à l’autre nécessite l’utilisation de davantage de platinoïdes pour traiter correctement les fumées d’échappement (10 à 15% environ).
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Seul le recours à un substitut pourrait durablement pénaliser le palladium dans un tel contexte. Le platine est le seul candidat identifié à ce jour. Toutefois, ce marché étant plus petit (250 tonnes environ), les constructeurs automobiles hésitent à faire la bascule, de peur de se retrouver avec un problème finalement plus important, après avoir engagé d’importantes dépenses (recherche et développement, homologation, modification de la chaîne de montage…).
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Dernier facteur de soutien pour les prix du palladium : la demande financière reste très vigoureuse. L’existence d’une structure de prix à terme très favorable a poussé la demande sur les contrats à terme à des niveaux historiquement élevés. Le marché pourrait être volatil. Mais à moins d’une bascule radicale vers le tout électrique, peu plausible, on voit mal comment les prix du palladium pourraient durablement corriger. Même avec un fort ralentissement du marché automobile mondial en 2019, les prix du palladium n’ont ainsi pas réussi à se détendre. Les prix pourraient donc poursuivre leur hausse, possiblement vers les 2.500 dollars l’once.
Benjamin Louvet, gérant des fonds OFI Precious Metals et OFI FUND – Global Equity Natural Resources chez OFI Asset Management, le 16 janvier 2020
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Francine Pernod

Francine Pernod

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