Vendée : une décision de Michelin fait scandale et force le groupe à faire marche arrière

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À La Roche-sur-Yon, l'usine Michelin doit fermer ses portes cette années. Mais une décision de la direction sur un avantage en nature accordé jusqu'à présent aux salariés a provoqué l'indignation.

Les salariés de l’usine Michelin de La Roche-sur-Yon ont une dent contre leur direction. En octobre dernier, il avait été annoncé que le site vendéen fermerait ses portes en 2020 et priverait ainsi ses 619 salariés de leur emploi. Mais une décision des dirigeants de l’usine a suscité davantage encore la colère des salariés et des syndicats, dont la CGT. Alors qu’ils doivent quitter l’entreprise avec leur indemnité de licenciement, il était prévu que les employés partent en devant rendre les pneus Michelin de leur véhicule personnel ou bien en les remboursant, rapporte Ouest-France.
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Selon la CGT, il s’agit là d’une “mesquinerie” de la part de la direction. Chez Michelin, un avantage en nature autorise les salariés à équiper leur voiture de quatre pneus neufs de la marque pour le prix d’un et à payer 25 % du prix public pour que ces pneus soient montés. S’ils finissent par vendre leur véhicule, alors ils doivent au préalable racheter les pneus à leur entreprise, à un prix qui tient compte de leur usure. La règle, précise le quotidien régional, doit normalement s’appliquer aux salariés licenciés, comme ceux de La Roche-sur-Yon, ce qui énerve passablement la CGT au vu de la situation.
Un avantage lié au contrat de travail
“Un mec qui se fait dégager après trente ans de boîte, on peut lui payer ses pneus, quand même, ça ne va pas couler l’entreprise !”, a ainsi tonné le délégué syndicat Antony Guilloteau, auprès du journal. Il dénonce une décision qui fait peu sens et surtout qui, selon lui, est indigne : “Au rachat, ce ne serait peut-être pas grand-chose pour un salarié, 20 ou 30 euros par pneu. Mais sur le principe, c’est innommable.”
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La polémique n’a cessé d’enfler pendant le week-end. Le service de communication de Michelin a dans un premier temps déclaré que la question de faire payer la totalité de leurs pneus aux salariés licenciés n’avait aucunement été abordée au cours des négociations sur l’accord de plan social. Mais elle a également souligné que “ces pneus sont la propriété de Michelin. Ce n’est pas un don, c’est un avantage lié au contrat de travail, ils sont mis à disposition pendant sa durée”. Selon le groupe, qu’un salarié quitte le groupe ou revende son véhicule, il reste soumis à la même règle de base concernant le rachat des pneus.
Michelin face à la pression
Mais devant la pression, semblerait-il, la direction de Michelin a, au final, fait savoir à Ouest-France, que “le groupe a examiné la question samedi et les salariés pourront garder leurs pneus”, sans devoir donc les rembourser. L’usine de La Roche-sur-Yon n’est pas la seule à devoir prochainement fermer ses portes. Face à la concurrence à bas prix du marché asiatique, Michelin a fait savoir qu’il fermerait d’ici 2021 son usine de Bamberg, située en Allemagne, et qui fait travailler quelque 858 personnes. L’entreprise clermontoise emploie au total quelque 125.000 salariés répartis dans 67 usines.

Francine Pernod

Francine Pernod

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