Ce projet de loi qui fait trembler les pharmacies françaises

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Le texte doit être présenté en Conseil des ministres ce mercredi 5 février. Il prévoit notamment un assouplissement des conditions de vente en ligne pour les médicaments.

La plateforme de e-commerce Amazon pourra-t-elle bientôt vendre du Doliprane et autres médicaments sans ordonnance en France ? La question inquiète les pharmaciens français alors qu’un texte de loi doit être présenté ce mercredi 5 février en Conseil des ministres. Nommé “Asap” (pour Accélération simplification de l’action publique), ce projet de loi contient un article qui vise à assouplir les conditions d’ouverture des plateformes de vente en ligne de médicaments sans ordonnance, autorisée depuis 2012, détaille Le Parisien.
Porté par Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des comptes publics, le texte provoque la colère des pharmaciens. “On vient de remettre derrière le comptoir les Doliprane et autres ibuprofène pour en réduire la consommation, et là on va favoriser leur vente en ligne”, s’agace ainsi Gilles Bonnefond, président de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine, l’USPO. En effet, les professionnels s’inquiètent du fait que le texte pourrait faire sauter plusieurs garde-fous.
Ubérisation de la pharmacie ?
Parmi les craintes, une marchandisation du médicament. “Avec ce texte, on ouvre la voie à l’ubérisation de la pharmacie. Demain, si Amazon veut s’associer à un ou plusieurs pharmaciens diplômés, il pourra le faire et se lancer dans la vente en ligne de médicaments”, s’inquiète dans Le Parisien Gilles Bonnefond. Le géant du e-commerce bénéficierait en effet de l’autorisation aux pharmaciens de ne plus stocker les médicaments vendus en ligne dans l’officine mais sur un site distant.
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Ce dossier arrive sur la table du Conseil des ministres moins d’un an après l’avis de l’Autorité de la concurrence qui plaidait pour la mise en vente de médicaments dans les grandes surfaces et alors qu’Amazon s’est déjà lancé dans la vente de remèdes en ligne aux Etats-Unis avec Amazon Pharmacy. L’ordre des pharmaciens a d’ailleurs officiellement demandé le retrait du texte, estimant qu’il ne “simplifie rien du tout”.
Bras de fer en vue ?
Le ministère de la Santé défend de son côté une “condition nécessaire au développement de la vente en ligne, notamment dans les zones urbaines où le foncier est plus rare et cher”. Par ailleurs, l’entourage d’Agnès Buzyn a affirmé que toute plateforme de vente en ligne devra être rattachée “à la licence d’une officine et placée sous le contrôle du pharmacien”. Une disposition déjà prévue dans la loi de 2012, rappelle L’Express.
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Ces garde-fous seront-ils suffisants pour calmer les pharmaciens ? Rien n’est moins sûr. En 2014, lorsque le ministre de l’Economie Emmanuel Macron avait déjà tenté de s’attaquer au monopole des officines, ces dernières n’avaient eu qu’à baisser le rideau durant une journée pour obtenir gain de cause.

Francine Pernod

Francine Pernod

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