Airbus annonce une perte nette de 1,36 milliard d’euros en 2019

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Le constructeur aéronautique européen a publié des résultats plombés par une amende colossale de 3,6 milliards d'euros. Le bénéfice net du groupe est dans le rouge de 1,36 milliard d'euros en 2019.

La pénalité de 3,6 milliards d’euros infligée à Airbus pour corruption, la plus lourde de l’histoire pour un groupe industriel, n’a pas été sans effet sur ses résultats. L’avionneur a annoncé jeudi une perte nette de 1,36 milliard d’euros en 2019, affectée notamment par cette amende et une nouvelle charge de 1,2 milliard sur le programme d’avion de transport militaire A400M. En excluant ses éléments exceptionnels, l’avionneur européen enregistre un bénéfice opérationnel ajusté de 6,9 milliards d’euros, a-t-il souligné dans un communiqué.
Ces résultats “reflètent les accords finaux conclus avec les autorités pour clore les enquêtes de compliance (conformité, NDLR), ainsi qu’une charge liée à la révision de nos prévisions de contrats d’export pour l’A400M”, affirme le président exécutif d’Airbus Guillaume Faury, cité dans le communiqué. Airbus a conclu le 31 janvier un accord avec les autorités judiciaires française, britannique et américaine pour éviter des poursuites dans une affaire de corruption en marge de la conclusion de contrats, au prix d’amendes totalisant 3,598 milliards d’euros.
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L’avionneur, qui a livré 14 A400M en 2019 “conformément au dernier échéancier de livraisons”, indique avoir franchi “plusieurs jalons clés vers la pleine capacité opérationnelle de l’avion” au développement chaotique, avec notamment le largage simultané de parachutistes et des premiers essais “secs” de ravitaillement en vol d’hélicoptères. Airbus enregistre toutefois une charge de 1,2 milliard d’euros sur ce programme car “les ambitions d’exportation s’avèrent de plus en plus difficiles à atteindre pour la phase contractuelle initiale”, notamment “en raison de la prolongation répétée de l’interdiction d’exportation de l’Allemagne vers l’Arabie saoudite” décrétée après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à l’automne 2018.
Airbus impute d’ailleurs une autre charge de 221 millions d’euros induite par la suspension par l’Allemagne des licences d’exportation de matériels militaires vers Ryad. D’autres charges exceptionnelles totalisant 576 millions d’euros, dont 202 millions au titre de l’arrêt du programme A380, sont enregistrées dans les comptes 2019.
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Face à son concurrent américain Boeing qui traverse une profonde crise due à l’immobilisation au sol depuis mi-mars 2019 de son avion-phare, le 737 MAX, après deux accidents ayant fait 346 morts, Airbus affiche pourtant une activité florissante avec un chiffre d’affaires de 70,5 milliards d’euros en 2019, en hausse de 11%. L’avionneur a livré 863 avions commerciaux en 2019, contre 800 l’année précédente et prévoit d’en livrer “environ 880” pour 2020. Les prises de commandes se sont élevées à 81,2 milliards d’euros, portant la valeur du carnet de commandes à 471 milliards, portées notamment par le programme A320neo (comprenant A319, A320 et A321) pour lesquelles les commandes s’élevaient à 6.249 appareils à fin janvier.
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Pour 2020, Airbus table sur une croissance de l’économie et du trafic aérien “conforme aux prévisions indépendantes” et “sur l’absence de perturbation majeure, y compris résultant du coronavirus”. L’avionneur a par ailleurs annoncé jeudi la reprise au côté du gouvernement du Québec de la participation du canadien Bombardier dans la société en commandite Airbus Canada (SCAC), qui produit le moyen-courrier A220. La transaction, qui prend “effet immédiatement”, permet à Airbus de monter sa participation à 75% -contre 50,06% auparavant- dans la SCAC. L’avionneur rachètera en outre les 25% restants détenus par le gouvernement du Québec en 2026.
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Getty Images

Francine Pernod

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