Coronavirus : premier décès à Taïwan, notre carte de l’épidémie en temps réel

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Il s'agit d'un chauffeur de taxi de 61 ans, originaire du centre de l'île, et dont les principaux clients s'étaient rendus en Chine. Retrouvez notre carte interactive permettant de visualiser le nombre de personnes contaminées depuis le début de la propagation du virus.

Taïwan a enregistré dimanche 16 février son premier mort dû au nouveau coronavirus, un chauffeur de taxi de 61 ans, alors que le nombre de décès liés à la maladie covid-19 approche les 1.700 en Chine continentale. Cet homme originaire du centre de l’île de Taïwan, qui souffrait déjà de problèmes de santé mais qui n’avait pas voyagé récemment à l’étranger, est mort à l’hôpital après un test positif au coronavirus, ont indiqué les autorités.
Il s’agissait d’un “chauffeur de taxi sans permis. Ses principaux clients étaient des personnes s’étant rendues en Chine, à Hong Kong et à Macao”, a déclaré à la presse le ministre taïwanais de la Santé, Chen Shih-chung. Le ministre a assuré que les autorités étaient en train d’étudier la liste et l’historique de voyage des clients du chauffeur de taxi afin d’identifier le porteur du virus. Un homme de 50 ans, membre de famille de la victime, a également contracté la maladie Covid-19, tout en ne présentant aucun symptôme, a précisé le ministre. Taïwan a confirmé que le nombre de personnes infectées sur son territoire s’élevait à 20.
Relations difficiles
Un millier de Taïwanais sont dans l’attente d’être rapatriés de la province chinoise du Hubei, berceau de l’épidémie. Pékin et Taipei s’accusent mutuellement de “manipulation politique”, ce qui retarde l’évacuation des ressortissants taïwanais. Le 3 février, Taïwan avait rapatrié 247 personnes, via un vol de la compagnie China Eastern Airlines, au départ de Wuhan, la capitale du Hubei. Le déroulement de cette évacuation avait suscité des désaccords entre Taipei et Pékin.
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La relation entre les deux pays est compliquée, Pékin considérant les Taïwanais comme ses propres citoyens et non comme des étrangers. Le chauffeur de taxi taïwanais décédé dimanche est la cinquième victime du coronavirus hors de Chine. Les précédentes victimes ont été enregistrées aux Philippines, à Hong Kong, au Japon et en France.
Premier décès et douzième cas
Samedi 15 février, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé le premier décès lié au coronavirus en France et en Europe. L’homme était un touriste chinois âgé de 80 ans, hospitalisé dans l’Hexagone depuis fin janvier. Il s’agit du premier patient décédé du virus en dehors de l’Asie. Les autres cas porteurs du coronavirus en France, dont sa fille, sont dans un état stable, a ajouté la ministre.
Dans l’Hexagone, un douzième cas de Covid-19 a été confirmé ce week-end. Le nouveau patient est de nationalité britannique et faisait partie du groupe de personnes qui avaient séjourné dans le chalet des Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie. C’est sur ce site que cinq personnes avaient été diagnostiquées positives au Covid-19 la semaine dernière, précise le communiqué. Sur les douze patients confirmés en France, la moitié concerne des Britanniques, tous contaminés par un de leurs compatriotes de retour de Singapour lors de leur séjour en Haute-Savoie.
Évacuations en vue sur le Diamond Princess
Concernant le paquebot de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine début février avec 3.711 passagers et membres d’équipage après un test positif sur un croisiériste débarqué à Hong Kong, le bilan s’élève désormais à 355 infectées et hospitalisées. Au moins quarante Américains ont été infectés par le nouveau coronavirus à bord du bateau, ont annoncé dimanche les autorités américaines. Dans la nuit de dimanche à lundi, plusieurs dizaines d’autobus sont venus chercher les quelque 350 Américains qui se trouvaient toujours à bord.
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Plusieurs pays ont d’ailleurs décidé, ce week-end, d’évacuer rapidement leurs ressortissants, inquiets de la propagation rapide du virus. La fin de la quarantaine des passagers du Diamond Princess est normalement prévue le 19 février, mais les récents développements pourraient avoir un impact sur ce calendrier. Le gouvernement de Hong Kong a dit vouloir rapatrier les siens – 330 ressortissants – “le plus tôt possible”. Le Canada envisage également l’option de l’évacuation.
Plus de 1.700 morts
Le bilan de l’épidémie du nouveau coronavirus dépasse désormais les 1.700 morts en Chine, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) disant redouter une “très grave menace” pour la planète. Jusqu’à présent, 99,9% des décès enregistrés dans le monde l’ont été en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), où est apparue la maladie en décembre dans la grande ville de Wuhan. Le virus, désormais officiellement appelé par l’OMS “Covid-19”, et non plus “2019-nCoV”, le nom adopté à titre provisoire, y a provoqué la mort de 1.765 personnes, selon les autorités sanitaires chinoises.
Le nombre de nouveaux cas dans le Hubei a atteint 1.933, en légère hausse après trois reculs consécutifs, ont indiqué les autorités de cette province, épicentre de l’épidémie. En dehors de la Chine continentale où au moins 70.400 personnes ont été infectées, près de 600 cas de contamination par l’épidémie du coronavirus ont été confirmés dans une trentaine de pays du monde.
Billets désinfectés
La province du Hubei (centre), foyer de l’épidémie, est toujours coupée du monde et plusieurs villes de l’Est de la Chine ont adopté des mesures de confinement drastiques, Pékin a musclé, vendredi 14 février, ses restrictions pour endiguer la propagation du virus. La capitale oblige désormais toutes les personnes arrivant de l’extérieur à s’auto-imposer une quarantaine de 14 jours à leur domicile ou leur hôtel, sous peine de sanctions, a rapporté le Beijing Daily, un quotidien officiel.
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L’activité dans la ville reste largement paralysée et que de nombreuses entreprises imposent le télétravail à leurs employés. A l’issue des vacances du Nouvel an lunaire, prolongées de quelques jours, beaucoup de Chinois retournés dans leur région d’origine pour les fêtes font désormais route pour rejoindre les villes où ils résident. Quelque 283 millions de trajets ont ainsi été accomplis dans le pays entre le 25 janvier et le 14 février, selon le vice-ministre des Transports Liu Xiaoming. La banque centrale a aussi annoncé samedi 15 février que les billets usagés étaient désormais désinfectés et… placés en quarantaine jusqu’à 14 jours, avant d’être remis en circulation.

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Grand test
La lutte contre le virus constitue “un grand test pour le système et les capacités de gouvernance du pays”, a reconnu le président chinois Xi Jinping, admettant des “lacunes” et appelant à améliorer le système de santé national. Après avoir initialement félicité Pékin pour son “travail très professionnel”, les Etats-Unis avaient déploré jeudi 13 février un “manque de transparence de la part des Chinois”, regrettant que le pays n’ait pas donné suite à la proposition d’envoi d’experts américains.
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Zhong Nanshan, un expert médical chinois vétéran de la lutte contre le Sras (2002-2003), a déclaré s’attendre à un pic de l’épidémie “d’ici la mi- ou fin-février”. Plus prudente, l’OMS juge elle qu’il est “beaucoup trop tôt” pour faire des prévisions. A la suite d’une délégation arrivée plus tôt cette semaine, une équipe internationale d’experts de l’OMS devait arriver à Pékin ce week-end pour une mission conjointe avec leurs homologues chinois.
Ils réaliseront des inspections sur le terrain, passeront en revue les mesures de prévention, visiteront des centres de recherche et formuleront des recommandations pour contenir l’épidémie, a indiqué Mi Feng, porte-parole de la Commission nationale de la santé.
Appel aux dons
Concernant l’élaboration d’un vaccin, il faudra encore un peu patienter. Le consortium Cepi (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) a indiqué avoir sélectionné trois candidats vaccins, qu’ils espèrent au point d’ici quatre mois. L’Institut Pasteur penche lui aussi sur l’élaboration d’un quatrième vaccin. Un appel aux dons a d’ailleurs été lancé pour aider à son financement.
Ce virus est devenu plus meurtrier que le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en Chine, qui y avait fait 349 victimes en 2002-2003 (774 au total dans le monde). Mais les autorités sanitaires ont noté que le taux de mortalité du nouveau coronavirus était de 2,1%, les victimes étant soit très âgées ou atteintes de complications médicales préexistantes. A l’inverse, le Sras tuait presque 10% des patients.
Mesures à travers le monde
Alors qu’une grande partie des liaisons aériennes avec la Chine continentale demeurent suspendues, de nombreux pays musclent leurs mesures face à l’épidémie : le Vietnam est devenu le dernier pays en date à interdire l’entrée aux voyageurs arrivant de Chine. L’Autriche, elle, mène des contrôles de température à l’aéroport international de Vienne pour les passagers en provenance de Pékin. Sous pression, les autorités hongkongaises ont fermé la quasi-totalité des postes frontières avec le reste du pays et imposent une quarantaine de deux semaines à tous les visiteurs venant de Chine continentale.
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L’Indonésie a interrompu mercredi 5 février ses liaisons aériennes avec la Chine, bloquant des milliers de touristes chinois sur l’île touristique de Bali. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un appel de fonds de 675 millions de dollars (613 millions d’euros) pour contrer la propagation du virus. “C’est beaucoup moins que la facture que nous devrons payer si nous n’investissons pas dans la préparation dès maintenant”, a plaidé son directeur général, Tedros Adhanom Gebreyesus.
Air France, KLM, Virgin Atlantic et Iberia ont annoncé la prolongation de plusieurs semaines de la suspension de leurs vols vers la Chine continentale face à la crise liée au coronavirus alors que les craintes gagnent également Hong Kong. Air France et KLM ont annoncé jeudi la prolongation jusqu’au 15 mars de la suspension de leurs vols vers la Chine continentale, dont la desserte avait initialement été interrompue jusqu’au 9 février. De nombreuses compagnies aériennes, dont Air France, British Airways, Air Canada, Lufthansa, American Airlines, United Airlines, American Airlines ou Delta ont suspendu depuis fin janvier leurs vols vers la Chine continentale pour tenter de freiner la propagation du virus.
Impact négatif sur la croissance
L’épidémie du nouveau coronavirus pourrait également avoir un effet négatif sur la croissance mondiale en 2020 en fonction de la capacité de la Chine à contenir sa propagation, a prévenu dimanche 17 février la directrice du Fonds monétaire international (FMI). “Pour le moment, notre prévision est de 3,3% et il pourrait y avoir une réduction de 0,1 à 0,2% (…) c’est un cas particulier et j’incite tout le monde à ne pas tirer de conclusions hâtives”, a déclaré Kristalina Georgieva lors du Global Women’s Forum à Dubaï.
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“Il y a beaucoup d’incertitudes et nous parlons ici de scénarios, pas de projections, reposez-moi la question dans dix jours”, a-t-elle ajouté. Affirmant qu’il était encore “trop tôt” pour estimer précisément l’impact de l’épidémie, elle a toutefois reconnu que les secteurs du tourisme et du transport, entre autres, avaient d’ores et déjà été touchés.

Francine Pernod

Francine Pernod

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