La Banque Postale fusionne demain avec CNP Assurances pour devenir un géant européen de la “bancassurance”

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La Banque Postale fusionnera mercredi 4 mars avec CNP Assurances pour créer un bancassureur de dimension européenne pesant plus de 700 milliards.

Les noces sont actées. “Dès le soir du 4 mars, l’opération sera faite au plan capitalistique, le conseil de CNP sera modifié (…) et dès ce moment-là, nous serons responsables de plus de 700 milliards de total de bilan vis-à-vis de la BCE qui nous supervise”, a décrit Remy Weber, président du directoire de La Banque Postale, devant la presse. En détenant 62,1% du capital de CNP Assurances, l’un des premiers assureurs de personnes de France présent également à l’international, la Banque Postale se propulsera aux “premiers rangs de la bancassurance européenne”, a-t-il dit. Parallèlement, ce même jour, la Caisse des dépôts prendra le contrôle de La Poste.
Outre un bilan plus que doublé, la dimension des résultats va fortement croître une fois CNP Assurances intégré, avec un bénéfice net de 1,4 milliard d’euros (contre 780 millions d’euros en 2019 pour La Banque Postale sous sa forme actuelle) et un produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires, de 9,2 milliards d’euros (contre 5,6 milliards d’euros). La Banque Postale va aussi acquérir une diversification qu’elle peinait à obtenir seule. La banque de détail ne sera plus son principal moteur de revenus, grâce à la dot en assurance apportée par CNP, qui va faire décoller la part de cette activité dans les revenus du groupe fusionné (passant de 4% en 2019 à 42%) et ramener la banque de détail à 57% des revenus, contre 93% actuellement.
Devenir actionnaire à 100% de ses filiales
Fort de cet apport, le groupe “aborde l’année 2020 avec de nouvelles ambitions de développement”, affirme son patron. La Banque Postale a balisé en amont le terrain en se renforçant sur ses trois principaux métiers. Elle est ainsi devenue propriétaire à 100% de sa filiale de crédit à la consommation en rachetant l’an dernier à Société Générale 35% des parts. Même logique dans l’assurance dommage, source de revenus supplémentaires pour les banquiers: elle doit prendre le contrôle total de la filiale “La Banque Postale Assurances IARD” en rachetant d’ici avril les 35% de parts de Groupama.
Côte gestion d’actifs, le groupe a aussi acté la création, au second semestre 2020, d’une plate-forme commune avec Natixis, filiale cotée de BPCE, dans les activités de gestion de taux euros et crédit ainsi que dans la gestion assurantielle. Autre ambition, convertir totalement d’ici 2020 l’offre de sa filiale de gestion d’actifs, La Banque Postale Asset Management, à l’investissement socialement responsable (ISR).
En revanche, pas d’éclaircissement sur un éventuel rachat de la banque de détail d’HSBC France. Selon des informations de presse, la filiale du géant britannique négocierait notamment avec La Banque Postale et Société Générale.”Nous avons marqué un intérêt pour regarder ce dossier sur la base d’un périmètre qui n’est pas forcément celui qui est aujourd’hui en vente”, a déclaré Remy Weber.
La baisse des taux érode la rentabilité
Ces segments ont effectivement permis au groupe bancaire d’endiguer l’effet adverse des taux bas dans la banque de détail, dont les revenus ont augmenté.La clientèle institutionnelle et d’entreprise – très courtisée par les banques – a été moteur dans la production de crédit et l’augmentation des encours. BPE, la banque privée et de gestion de fortune du groupe, continue son expansion avec des encours d’épargne et de crédit en forte croissance. Quant à la banque mobile Ma French Bank, lancée l’été dernier pour répondre aux besoins d’une clientèle plus jeune, elle comptabilise actuellement 151.000 clients actifs et confirme en cibler 1,2 million d’ici cinq ans.
En matière de rentabilité, le groupe ne fait toutefois pas d’étincelles avec un retour sur fonds propres bas (8,4%) et un poids très lourd des charges sur les revenus. Pour y remédier, il compte maîtriser ses charges tout en investissant dans sa transformation numérique pour gagner en efficacité. Cette refonte des processus bancaires, qui a généré 100 millions d’euros de réduction de charges en trois ans, se poursuivra avec un nouveau plan d’actions à horizon 2023.

Francine Pernod

Francine Pernod

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