A Lille, Martine Aubry laisse gonfler les sureffectifs

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En 2019, Lille affiche des dépenses de personnel de 200 millions d’euros, ce qui représente 59,2% des dépenses de fonctionnement.

Cette proportion est nettement au-dessus de la moyenne nationale des communes équivalentes (54% en 2018 selon la Direction générale des finances publiques). Et pourtant, la majorité dirigée par Martine Aubry ne semble pas trop capable de remédier à ce déséquilibre. Au début de son actuel mandat, les effectifs permanents s’établissaient à 4.400 postes (en équivalent temps plein). Pour les répondre à la contrainte budgétaire, l’équipe municipale avait prévu de réduire la troupe de 150 équivalents plein-temps. Mais, c’est l’inverse qui s’est passé : les effectifs ont gonflé, au point d’atteindre aujourd’hui 4.500 agents. A la mi-décembre, la mairie proposait encore 70 postes à pourvoir y compris un «référent initiative nature», un «chargé de projet agenda des solutions» et un «consultant événementiel».
Il faut reconnaître que Martine Aubry, en lice pour un quatrième mandat, fait face à une situation unique en son genre. Sa ville est «associée», c’est le terme précis, à deux communes voisines à l’habitat populaire, Hellemmes, depuis 1977, et Lomme, depuis 2001. Pour Pierre Mauroy, l’ancien maire qui a initié ces rapprochements, il s’agissait de conserver une majorité de gauche au conseil municipal de Lille, car la ville s’embourgeoisait. Cet arrangement s’est d’ailleurs révélé efficace jusqu’à maintenant. Mais d’un point de vue économique, c’est une véritable catastrophe. Car les deux villes en question ont chacune conservé leur mairie et les services attenants, y compris ceux qui n’ont pas de contact avec le public comme la DRH, l’informatique, les finances ou encore l’urbanisme.
Et pas question de les fusionner avec ceux de Lille, «une question d’autonomie» explique-t-on à Lomme. Ce drôle de ménage à trois se solde par des postes superflus et un surcoût de 2,5 millions d’euros par an selon un rapport de la Chambre régionale des comptes de mai 2018. Pour ne rien arranger, la durée moyenne du travail annuelle des agents communaux ne dépasse pas 1.519 heures, bien au dessous des 1.607 heures légales. «Faites le calcul ! Cela crée mécaniquement 5% de sureffectifs», constate un membre de l’opposition municipale de droite. Mais allez dire ça à l’ancienne passionaria des 35 heures !
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Francine Pernod

Francine Pernod

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