Bordeaux : une artiste poursuivie par la justice pour avoir peint des pâquerettes dans la rue

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La mairie a retiré sa plainte mais la justice réclame à l’artiste 385 euros pour rembourser les frais de nettoyage.

La justice ne s’est pas montrée clémente avec Sophie Daurel. Comme le raconte Sud Ouest, cette artiste a été condamnée à une amende de 385 euros. Son délit ? Avoir repeint, avec l’aide d’autres habitants du quartier, la chaussée du passage Kieser à Bordeaux. Les faits se sont déroulés en mai dernier. “Lorsque j’ai su que le revêtement serait refait en 2020, j’ai pensé à égayer la rue en la repeignant. C’était un message pacifique. Je n’ai pas demandé l’autorisation parce que c’était une création de toute façon éphémère”, expliquait la principale intéressée dans les colonnes du quotidien régional il y a quelques mois.
Le résultat est surprenant : la chaussée a été repeinte en vert avec des pâquerettes sur 30 mètres. Mais cela n’a pas été du goût de la mairie. Celle-ci a déposé plainte pour détérioration de la voie publique et risque de glissade. Les pâquerettes de Sophie Daurel ont également été effacées manu militari. De quoi faire pleurer l’artiste, qui n’était pas au bout de ses peines puisque ses explications à la Maison de la justice et du droit ne lui ont pas permis d’éviter une amende, même si le délégué du procureur a reconnu que le résultat sur la chaussée était “charmant”.
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“Je ne me rebelle pas pour une question d’argent”
La mairie a bien retiré sa plainte, mais l’artiste a été condamnée à payer les frais de nettoyage. “Notre désaccord porte aujourd’hui sur les termes employés de part et d’autre pour qualifier les faits. Quand il (le délégué du procureur, ndlr) décrète, au regard de la loi, que j’ai dégradé la chaussée, nous estimons, en tant qu’habitants de Kieser, que nous l’avons embellie”, assure Sophie Daurel, qui espère “trouver un terrain d’entente” avec la municipalité dans ce dossier. “La somme de 385 euros n’est pas si énorme ni anodine mais je ne me rebelle pas pour une question d’argent, ni pour satisfaire mon égo. A l’heure où tout le monde réclame de la végétalisation en ville, une poussée de pâquerettes sur un tapis vert n’égayerait-elle pas notre paysage urbain ?”, lance-t-elle, tout en évoquant la possibilité d’agrémenter à nouveau la chaussée dans le futur. Mais avec l’aval de la mairie cette fois.
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Francine Pernod

Francine Pernod

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