Vous voulez lancer votre start-up ? Les recettes pour réussir vos premiers pas

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Une fois que vous tenez la bonne idée, les démarches pour lancer une start-up ne sont pas extrêmement complexes. Voilà de quoi les rendre encore plus simples.

La plupart des start-uppeurs choisissent de se lancer sous forme de Société par actions simplifiée (SAS) ou de SAS unipersonnelle (SASU). L’avantage principal de ce statut est sa grande souplesse : sa formule évolutive permet d’accueillir à tout moment des investisseurs au capital, sans devoir reprendre à zéro l’ensemble des formalités de création. En attendant, il faut quand même effectuer les démarches une première fois… Suivez le guide.
Déposer les statuts
En solo. S’engager seul dans les démarches administratives est l’option la plus courante. Il faut passer un certain temps sur Internet, mais on économise un peu d’argent. “Il existe des modèles gratuits disponibles en ligne pour rédiger les statuts d’une SAS ou d’une SASU. C’est assez simple : il suffit de préciser le nom de la société, son fonctionnement, le capital social, et ainsi de suite, assure Cécile Pinto, présidente de Colors of Tea (vente de thé en ligne). Pour valider les conditions générales de vente de mon site marchand, j’ai choisi de consulter une avocate spécialisée. Cela m’a coûté 150 euros pour une heure.”
Etapes suivantes : le dépôt du capital de la société à la banque et la publication d’une annonce légale informant de sa naissance dans un journal habilité. Si la première procédure est gratuite, prévoyez en moyenne 200 euros pour la parution. L’ensemble de votre dossier doit ensuite être déposé au greffe du tribunal de commerce compétent (selon la domiciliation du siège social de l’entreprise) ou sur infogreffe.fr. Frais d’immatriculation : 40 euros pour les activités commerciales, 130 pour les activités artisanales et 25 pour déclarer les bénéficiaires effectifs de la société, c’est-à-dire toute personne détenant 25% au moins du capital.
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Avec une legaltech. Pour aller plus vite, sans engager de frais énormes, on peut se tourner vers une plateforme juridique en ligne et lui confier la création de sa structure, pour un tarif de 100 euros au minimum. “Cette solution est suffisante lorsque les statuts d’une société sont basiques, explique Pierre Aïdan, cofondateur du site LegalStart.fr. En revanche, il est préférable de faire appel à un avocat si l’on souhaite y inclure des points techniques comme l’anticipation d’une levée de fonds.”
Avec un expert-comptable. Pour être sûr d’éviter toute erreur, un expert peut se charger de la création de votre boîte. Coût : de 500 à 1.500 euros si c’est un comptable ; jusqu’à 4.000 euros s’il s’agit d’un avocat. “Arrêtons de croire que créer une entreprise ne coûte qu’un euro, lance Pierrick Limouzin, consultant en management du sport et fondateur de Key Konsult. Pour éviter les ennuis administratifs, faites appel à un cabinet comptable !” On peut toutefois économiser un peu en s’adressant à un comptable en ligne. Cela coûte jusqu’à deux fois moins cher qu’un expert en chair et en os et la plupart des plateformes disposent d’une hotline en cas de besoin.
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Respecter ses obligations
Contrairement aux idées reçues, confier la gestion de ses comptes à un expert-comptable n’est pas obligatoire. Un commissaire aux comptes doit toutefois les certifier dès que l’entreprise dépasse deux de ces trois seuils : un bilan total de 4 millions d’euros, un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros, un effectif de 50 salariés. Des seuils à ne pas franchir non plus si vous voulez demander une dispense de publication des comptes annuels de la société. Il faut dans ce cas déposer au greffe, en même temps que les statuts de votre structure, une déclaration de confidentialité. Frais supplémentaire : 45 euros. Il existe d’autres obligations comme la tenue d’une assemblée générale une fois par an… ce qui n’est pas très compliqué quand vous êtes la seule personne à disposer d’un droit de vote dans l’actionnariat de la société ! Si vous faites des bénéfices, c’est le moment de décider le montant des dividendes que vous allez vous verser.
Organiser sa protection sociale
S’il est rémunéré uniquement par des dividendes, aucune couverture sociale n’est prévue pour un dirigeant de SASU, puisqu’il ne cotise pas au régime général de la sécurité sociale. Pour y être rattaché, il doit se verser une rémunération sur laquelle seront prélevées des charges sociales et patronales. Il aura alors droit à la sécu (conjoint et enfants compris) et à la retraite des cadres. Mais pas au chômage. “Pour m’assurer cette couverture sociale, je me verse chaque mois au moins 468 euros nets, soit 825 euro bruts”, explique Cécile Pinto. Quand votre activité se développe, vous pouvez augmenter votre rémunération afin d’accroître vos droits à la retraite.
Vous pouvez également penser à des assurances pour vous prémunir contre la perte d’emploi. Selon la formule choisie, les tarifs varient entre 3% et 7,5% de la rémunération annuelle nette de l’entrepreneur, qui pourra prétendre, au maximum, à deux ans d’indemnisation en cas de liquidation judiciaire, de fusion, de restructuration de la société… “Il y a des conditions pour souscrire à l’assurance perte d’emploi, comme celle de présenter deux exercices positifs consécutifs, précise toutefois Frank Sauwala, expert en risques d’entreprises et administrateur de Réseau entreprendre dans les Yvelines. Un assureur refusera par exemple, ce type de contrat à une société fragile dont les résultats ne permettent pas au dirigeant de se verser un salaire minimum.”
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“J’ai souscrit un contrat de retraite supplémentaire.”
Jonathan Vidor, fondateur de l’agence d’e-marketing JVWeb
“Mes revenus en dividendes représentent trois fois le montant de ma rémunération en tant qu’assimilé salarié. Toucher davantage en dividendes est intéressant, puisque ces derniers ne sont pas sujets à des cotisations sociales, mais imposés au taux unique de 30%. A côté, j’ai souscrit une mutuelle santé spéciale pour les dirigeants d’entreprise (40 euros par mois), ainsi qu’un contrat de retraite (5.000 euros par an) pour compléter mes retraites de base et complémentaire, obligatoires toutes les deux.”
5 points à retenir
1. Budget : créer votre SAS vous coûtera environ 265 euros si vous vous débrouillez seul, de 500 à 1.500 euros si vous faites appel à un expert-comptable et jusqu’à 4.000 euros en recourant aux services d’un avocat. Les legaltechs s’occupent de tout en ligne (à partir de 100 euros).
2. Même si cela reste fortement conseillé, recourir à un expert-comptable n’est absolument pas une obligation légale.
3. Le dossier de création de votre boîte doit être déposé au greffe du tribunal de commerce compétent (infogreffe.fr).
4. En application de l’article L. 232-25 du Code du commerce, les petites entreprises peuvent demander que leurs comptes annuels ne soient pas publiés.
5. Seul un président d’entreprise (statut assimilé salarié) a droit à la Sécurité sociale et à la retraite. Pour bénéficier de l’assurance chômage, il faut souscrire une assurance “perte d’emploi dirigeant”.

Francine Pernod

Francine Pernod

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