Didier Raoult publie une nouvelle étude pour défendre la chloroquine

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L’étude du directeur de l'institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection à Marseille a été menée sur 80 patients atteints du coronavirus.

Didier Raoult persiste et signe. Alors que les avis divergent sur l’efficacité de son traitement à base de chloroquine pour soigner les malades du coronavirus, le professeur Raoult a publié les résultats d’une deuxième étude menée par son équipe sur 80 patients, âgés de 18 et 88 ans et atteints du coronavirus, expliquent France 3 ou Le Parisien. Selon son message publié sur les réseaux sociaux, ces résultats prouvent “l’efficacité de notre protocole” et “la pertinence de l’association de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine (les deux molécules donnés aux patients, ndlr), grâce à des recherches réalisées dans notre laboratoire de confinement”.
Selon cette étude, une seule personne (âgée de 86 ans) ayant suivi ce traitement est décédée et une autre est toujours dans un état grave. Les 78 autres ont connu “une amélioration clinique” de leur état de santé et ont quitté les soins intensifs au bout de cinq jours. A noter que deux autres patients ont été transférés en soins intensifs durant cette période, avant d’en sortir. “La majorité (65/80, 81,3%) des patients avaient des résultats favorables et étaient sortis de notre unité au moment de la rédaction avec de faibles scores NEWS (61/65, 93,8%). Seulement 15% ont nécessité une oxygénothérapie”, peut-on lire dans cette étude, publiée en anglais, explique France 3.
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Nouvel article publié on-line par mes équipes : démonstration in vitro de la synergie pour contrer la réplication du SARS-COV2In vitro testing of Hydroxychloroquine and Azithromycin on SARS-CoV-2 shows synergistic effecthttps://t.co/KUaag6N5FF— Didier Raoult (@raoult_didier) March 27, 2020

Nombreuses critiques
Selon cette étude, ces patients ont reçu ce traitement dans un délai moyen de 4,9 jours après l’apparition des premiers symptômes liés au coronavirus. Pour 83% d’entre eux, la charge virale a diminué dans les sept jours selon l’institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection dirigé par le professeur Raoult à Marseille. C’était le cas pour 93% d’entre eux dans les huit jours. Le Parisien précise toutefois que cette diminution peut s’expliquer par la prise en charge par des médecins ou une guérison naturelle. Les autorités n’ont pas encore commenté cette étude, publiée vendredi soir, alors qu’elles ont validé sous des conditions très restreintes les traitements à base de chloroquine pour soigner les malades du coronavirus.
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Plusieurs critiques de l’étude ont toutefois été faites par d’autres scientifiques. Leur principal reproche : l’étude ne comprend pas de groupe-contrôle (ou groupe-témoin, c’est-à-dire des patients à qui on n’administre pas le traitement étudié), et il est donc impossible d’établir une comparaison pour déterminer si c’est bien le traitement qui est à l’origine de l’amélioration. “Non, ce n’est pas énorme, j’en ai peur”, a ainsi twitté le Pr François Balloux, de l’University College de Londres, en réponse à un tweet enthousiaste qui qualifiait “d’énormes” les conclusions de l’étude.
C’est une étude sans groupe-contrôle “qui suit 80 patients avec des symptômes assez légers. La majorité des patients se remettent du Covid-19, avec ou sans traitement à l’hydroxychloroquine et à l’azithromycine”, a-t-il développé, à l’unisson de nombreux autres scientifiques sur les réseaux sociaux. Toujours sur Twitter, Didier Raoult a revendiqué samedi l’absence de groupe-contrôle, en arguant du fait que son équipe propose son protocole à “tous les patients ne présentant pas de contre-indication”.
Des scientifiques sceptiques
“Le médecin peut et doit réfléchir comme un médecin, et non pas comme un méthodologiste”, a-t-il parallèlement plaidé dans une tribune publiée par le journal Le Monde. En outre, l’étude affirme que la plupart des patients a connu une “diminution rapide” de leur charge virale, en moins d’une semaine. Là encore, cet argument a laissé sceptiques nombre de scientifiques. Deux études chinoises ont récemment montré que “10 jours après le début des symptômes, 90% des gens qui ont une forme modérée (de la maladie) ont une charge virale contrôlée”, a expliqué à l’Agence France-Presse l’épidémiologiste Dominique Costagliola, directrice de recherche à l’Inserm.
Le fait d’aboutir à des résultats similaires sous hydroxychloroquine “ne plaide pas pour un effet majeur de l’hydroxychloroquine sur la charge virale”, a-t-elle estimé. “Il y a fort à parier que cette nouvelle étude ne convainque que les convaincus”, a pour sa part jugé Heidi.news, média en ligne suisse spécialisé dans la science, en livrant une analyse critique de l’étude du Pr Raoult.

Francine Pernod

Francine Pernod

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