Pétrole, la stratégie de la Russie et de l’Arabie saoudite est dangereuse : le conseil Bourse du jour

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L’éclatement de l’alliance entre la Russie et l'OPEP est en train de changer la donne sur le marché du pétrole, dont la demande est malmenée par le coronavirus, juge Lombard Odier. Les pays dépendants de la production d’or noir souffrent de la baisse des cours !

Les prix du pétrole reprennent le chemin de la baisse. Les barils de référence WTI et Brent plongent de 8%, à l’heure où nous écrivons ces lignes, soit une division par 3 depuis le sommet majeur de janvier ! Alors que l’économie mondiale plonge et que la demande d’or noir se retrouve sous pression, la décision de la Russie d’ignorer les réductions de production de l’OPEP a déclenché une riposte de l’Arabie saoudite, menant à une guerre des prix, qui remet en question la position dominante des États-Unis sur le marché mondial. Ce bras de fer “augmente la pression sur les producteurs à coûts élevés, tels que les entreprises américaines de pétrole de schiste, les exposant ainsi au risque de défaut”, souligne Stéphane Monier, responsable des investissements chez la banque privée genevoise Lombard Odier.
La guerre des prix pèse aussi sur les revenus des pays dépendants du pétrole. Des États comme le Nigeria, l’Iran, le Kazakhstan, le Venezuela et l’Algérie, par exemple, dépendent des recettes pétrolières pour faire tourner leurs économies, précise l’expert. Pour ces pays vulnérables, ainsi que pour d’autres producteurs des marchés émergents, dont le Brésil et le Mexique, “la menace qui pèse sur leurs revenus risque également de toucher leurs marchés d’obligations et leurs devises”, met-il en garde.
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Un important potentiel d’appréciation à moyen terme ?
Selon lui, les prix du pétrole devraient rester volatils, alors que les marchés évaluent les inconnues liées au coronavirus et à la détermination politique de l’Arabie saoudite et de la Russie. Il table toutefois sur un retour vers 40 dollars le baril à horizon 12 mois, laissant ainsi une belle marge de progression à moyen terme.
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Que dit l’analyse technique ?
Le 18 mars, nous avions indiqué que le seuil psychologique des 20 dollars pouvait faire office de support potentiel au cours du baril de référence WTI en pleine chute. Et il a très bien joué son rôle… “Après un test éclair de cette zone de prix, les cours du WTI ont opéré une réaction épidermique, un rebond rapide de 40% à 28 dollars. Néanmoins, la pression baissière ne faiblit pas, et les cours s’approchent de nouveau des plus bas récents”, relève Nicolas Chéron, responsable de l’analyse marchés chez Binck.fr.
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En prenant du recul à très long terme, “on constate un support horizontal datant de 2002, vers 18 dollars. Un acheteur souhaitant se positionner à meilleur prix sur les cours du pétrole attendra possiblement un éventuel “trou d’air” vers cette zone, que la baisse soit terminée, ou du moins purgée en grande partie”, indique l’expert.
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Evolution du prix du baril de référence WTI et analyse technique (cliquez sur l’image pour agrandir)
Données au 27 mars 2020 – Binck.fr>> Retrouvez ici tous les points sur la séance de Bourse
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Getty Images

Francine Pernod

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