“Les cabinets sont vides” : les médecins généralistes inquiets du recul des consultations pendant la crise

Share on facebook
Share on google
Share on twitter
Share on linkedin

En pleine pandémie, les médecins généralistes s’inquiètent de voir leurs patients habituels déserter les cabinets, pour cause de confinement ou par crainte de la contagion.

“Continuez à venir vous soigner chez votre généraliste !” Tel est, en substance, le message que les médecins de ville envoient aux Français. Dans un récent communiqué, le collège national des généralistes enseignants s’inquiétait d’une “détérioration de la qualité des soins et de la surveillance de tous les patients fragiles et polypathologiques”. En cause, les freins liés au confinement et la crainte de la contagion, qui poussent une partie des patients à annuler leurs rendez-vous chez leurs médecins ou à opter pour la téléconsultation, qui n’est pas adaptée à tous les besoins.
“Cette méthode peut utilement se substituer à la consultation présentielle avec les patients qu’on connaît, quitte à leur demander de venir au cabinet en cas de problème. En revanche, le diagnostic est plus complexe à établir pour les nouveaux patients. On prend vraiment le risque de se tromper, ou de passer à côté de quelque chose. Il est donc impératif d’encourager les gens à continuer à venir chez leur généraliste quand c’est nécessaire”, exhorte Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF).
Un risque d’augmentation de la mortalité hors coronavirus
Une priorité qui n’est pas toujours bien comprise, dans cette période de confinement où la hiérarchisation entre les sorties essentielles ou non peut causer quelques maux de tête aux Français. Et contribuer à vider les salles d’attente des médecins généralistes. “J’ai 250 patients ayant des infections de longue durée et que je ne vois plus. Certains croient que le cabinet est fermé. On appelle régulièrement ceux qui sont le plus à risque, on essaie de leur rendre visite”, témoigne le docteur Pierre Loué, médecin généraliste à Fontenay-Aux-Roses (92).
“Les gens n’ont pas arrêté d’avoir des pathologies : appendicites, bronchites, pneumonies, maladies chroniques… Et pourtant, il y a une chute incroyable de l’activité dans les cabinets des généralistes”, abonde Jean-Paul Hamon. De quoi faire craindre au collectif des généralistes enseignants “une augmentation des hospitalisations et de la mortalité liées aux autres causes” que le coronavirus, qui s’établit, en France, à environ 1.670 décès par jour.
Pour favoriser la venue des patients dans les cabinets, en dépit des conditions actuelles, le collectif appelle les pouvoirs publics à donner aux généralistes “les moyens de protection efficace (…) notamment par une large mise à disposition des masques et des produits de désinfection” et à “inciter les patients à contacter leur médecin généraliste traitant ou équivalent pour leur suivi habituel et non pas les en décourager”.
>> A lire aussi – Boris Johnson testé positif au coronavirus, la pandémie s’accélère au Royaume-Uni

Francine Pernod

Francine Pernod

Laissez vos commentaires!