Ôdeep : après l’eau de mer, le navire usine se met au gel hydroalcoolique

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Ce sont deux sacrés défis que s’est lancé le capitaine Régis Revilliod avec son bateau usine. Après avoir commencé à mettre l'eau de mer en bouteilles bonnes à boire, il se lance dans la lutte contre le coronavirus. Objectif : la production en masse de gel hydroalcoolique.

Un million de bouteilles de 600 ml par semaine ! C’est la quantité que pourrait produire le navire de ce chef d’entreprise. Après avoir été référencée sur la liste des fabricants de solutions hydroalcooliques par les autorité françaises, l’entreprise Ocean Fresh Water a reçu l’autorisation finale des douanes pour démarrer la fabrication. Celle-ci démarre ce 1er avril. “Nous, des marins, on démarre un 1er avril, le “jour des poissons”, cela ne pouvait pas mieux tomber”, a confié le dirigeant à Midi Libre.
En matière de défis, le capitaine Régis Revilliod s’y connaît : mi-janvier, ce chef d’entreprise de 66 ans passait à l’action pour lancer son nouveau business : commercialiser une boisson à base d’eau de mer. Son navire commencait à collecter de l’eau, au large de Barcelone. L’eau est pompée à 300 mètres de profondeur – là où l’obscurité empêche le développement de bactéries –, désanilisée et traitée selon un procédé secret, puis embouteillée. «Nous avons pu faire tourner la chaîne à son maximum, soit 24.000 bouteilles à l’heure», explique ce Dieppois d’origine, par ailleurs patron d’une société d’ingénierie spécialisée dans les barges de pipeline.
Cette boisson, on la retrouvera bientôt à Carrefour et Auchan, à 1,90 euro les 60 centilitres sous la marque Ôdeep. Très agréable au goût, riche de 78 minéraux, «la boire, c’est comme prendre un bain de mer tous les jours», assure son inventeur. Mais son principal débouché, c’est la Chine, où la population est très réceptive aux bienfaits marins et où il a déjà prévendu toute sa production. Le navire usine y partira dans six à huit mois. Tout est gigantesque dans cette aventure. Le bateau, de 191 mètres de long, un ancien ferry de transport de train soviétique amarré à Sète. La chaîne d’embouteillage, conçue et importée de Chine. Les effectifs : déjà deux équipes de 60 marins. Et le plan de développement. Régis Revilliod, secondé de son fils Carl, ingénieur d’armement maritime, travaille déjà sur un second bateau pour attaquer d’autres marchés, la Corée, le Japon, le Brésil, les États-Unis.
Les capitaux investis, enfin : Ocean Fresh Water, leur société, a déjà mobilisé 35 millions d’euros et va en lever 20 supplémentaires. Sans un centime d’argent public. Ce qui désole notre ingénieur de la marine marchande. «Je ne rentre pas dans les cases parce que je suis innovant», tempête-t-il. La BPI, très frileuse sur les projets industriels, a dit non, tout comme l’Ademe (agence de l’environnement), sollicitée pour financer une voile de kite pour stabiliser le bateau pendant le pompage. Car Ôdeep se veut aussi exemplaire sur le terrain des émissions carbone. Le carburant utilisé, du diesel oil, répond aux meilleures normes. Bientôt il sera complété avec du carburant fabriqué à partir de plastique recyclé (tout comme les bouteilles) pour faire tourner le groupe électrogène de l’usine. La start-up vise les 200 millions de litres par an. A entendre Régis, ce n’est pas la mer à boire.
Mais avant cette eau à boire, l’entreprise se concentre à présent sur la production de gels hydroalcooliques. Ces derniers devraient arriver prochainement dans le commerce.
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Francine Pernod

Francine Pernod

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